NUIT DEBOUT : des pistes d’ouvertures.

En 2011 j’ai participé au mouvement des indignés ;  en 2016 je regarde ce qui ce passe à Nuit debout et constate une mécanique commune complexe à dépasser. Dans un premier temps, lorsque le nombre reste relativement réduit, la majorité des personnes présentes est des militants que l’on pourrait qualifier de convaincus. Parmi eux, un petit noyau porte le mouvement sur leurs épaules et s’épuise et s’use sur la multitude des choses à faire. La question qui vient est donc comment attirer plus de personnes qui naturellement pourraient se sentir concernées par ce qui s’y passe mais ont du mal à rentrer dans le cercle ? Je pense que nous pouvons utiliser deux constats récents pour trouver des pistes de réflexions.

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Dans un premier temps, il faut se rendre compte qu’il y a 2 niveaux de personnes qui se retrouvent dans ce cadre-là. Le premier est basé sur les militants qui réfléchissent depuis un moment  à toutes les questions politiques, agissent dans des associations, des collectifs, et connaissent des outils utiles sur différents sujets. Le deuxième est basé sur une majorité de personnes qui ne sont pas des passionnés de politique (politiques, qui ressentent les effets de celles-ci de manière néfastes dans leurs vies mais n’osent pas franchir le pas d’aller à la rencontre des militants. Et cela pour une raison souvent principale à ce genre de rencontre : le problème de l’efficacité.

Je m’explique. Les militants qui sont depuis un moment sur ces questions ont franchi des étapes que d’autres n’ont pas encore passées : celle du lien primordial entre les concepts politiques et la répercussion dans nos vies personnelles. A force de vouloir être efficace et de ne pas refaire toujours la même chose, donc d’avancer, on se coupe du lien primordial entre la vie des personnes et le pourquoi on a envie de militer, de résister face à ces lois qui nous bloquent dans notre épanouissement.

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Le Premier constat : #on vaut mieux que ça

Si internet, et particulièrement Youtube, est un médias qui vous parle, alors vous avez du entendre parler du mouvement « #on vaut mieux que ça »  lancé par différents youtubeurs pour rassembler différents témoignages sur les conditions de travail de la population. Ce mouvement a très bien marché et pris une belle ampleur assez vite. Car, justement, basé sur ce lien entre la loi critiquée et la vie des gens. Remettre le politique dans la vie de chacun et non pas le sortir du réel dans des concepts abstraits qui n’attirent pas les personnes déjà fortement impliquées. De plus, voir que notre problème est partagé par un grand nombres de personnes nous sort d’une forme de solitude pour rentrer dans un groupe symbolique lié par une même expérience.

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Le Deuxième constat : Demain le film

Vous avez aussi surement entendu parler du grand succès qu’a eu le film « Demain » basé sur une multitude d’actions alternatives de personnes qui ce sont mises à agir pour créer le monde dans lequel ils ont envie de vivre. Le succès retentissant de ce film montre un point qui est lui aussi central : l’espoir ! De nos jours, de plus en plus de personnes s’éloignent de la politique en perdant espoir d’un lendemain qui chante, d’une alternative possible face à des politiques de droite ou de gauche qui agissent de la même manière et presque toujours à l’encontre de la population. De ce fait montrer par ce film  documentaire qu’une alternative est possible à lancer une nouvelle dynamique d’enthousiasme qui a poussé à agir de nombreuses personnes. 

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Des pistes pour prendre tout cela en compte.

Comment à partir de ces deux constats positifs, les mettre en lien avec un mouvement comme nuit-debout et dépasser cette  mécanique pour avancer dans la construction d’alternative ?

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Piste #on vaut mieux que ça :

L’importance de créer du lien entre la vie des personnes et les débats politique est donc indispensable et facilement associable. Par exemple poser un grand drap blanc ou un rouleau de papier avec écrit une grande question « qu’est-ce qui dans votre vie vous révolte ? » et laisser l’expression libre à toutes les personnes de passage. De plus on peut, de la même manière que les crieurs qui notent ce que certaines personnes n’osent pas aller dire au micro, faire circuler des crieurs qui poseront la même question aux personnes autour du mouvement qui ne sont pas directement avec celui-ci.

De plus pour une meilleure création de lien entre les personnes et le groupe « nuit debout », nous pouvons dans la même démarche avant chaque AG se regrouper par petits groupes de 10 en « atelier rencontre » pour partager pourquoi chacun de nous avons envie de venir ici et de partager un moment ensemble sur ces sujets.

Piste #demain le film :

De la même manière que le drap blanc, nous pouvons poser la question « en quelques mots comment serait votre société idéale »  et une autre « connaissez-vous des alternatives que vous utilisez et qui fonctionnent bien ?  Celles-ci par contre sont plus complexes à lancer par des crieurs à des personnes de passage qui n’ont pas spontanément réfléchi à la question.  Afficher et diffuser par différents médias la multitudes des alternatives possibles encourage et donne de l’espoir à certains qui l’avaient perdu et relance une dynamique d’action.

Ensuite il n’y a plus qu’à poursuivre les débats sur une multitude de thèmes, les actions diverses et variées pour créer un rapport de force avec le pouvoir institutionnel et ainsi reconstruire une forme de démocratie en berne.

Un GRAND MERCI à toutes les personnes qui organisent, participent et se rapprochent de ce genre de mouvement qui ne peut qu’enrichir notre avenir démocratique et collectif.

Par : Le Veilleur

Pour aller plus loin : 


pratiques

des jeux pour aider aux dynamiques de groupes

La tyrannie de l’absence de structure

comment organiser une assemblée générale 

comment organiser un piquet de greve

comment organiser une peage gratuit

philosophie: 

l’heure est au changement

la desobeissance-civile 

Désobéissance : 

198 methodes d’action non violente