lorsque le cinéma nous envoie un message… social et politique

L’Armée des 12 singes

Tout résumé serait réducteur. Retenons que Terry Gilliam retravaille les thèmes récurrents de son oeuvre dans l’Armée des 12 signes : la société totalitaire, la biopolitique, les dérives du scientisme. Gilliam livre une vision de l’histoire pessimiste où, malgré toutes les bonnes volontés, les germes du mal sont déjà présents et rien ne peut empêcher un futur totalitaire d’advenir.

Questions philosophiques : le temps, le destin, le totalitarisme

American Beauty

Sam Mendes réalise avec American Beauty une critique de la société américaine. Lester (incarné par un très bon Kevin Spacey) représente cet homme moyen, aux ambitions médiocres, voulant renvoyer une image de réussite mais sans cesse rattraper par le vide de son existence. Seule fuite pour se “délester”, l’évasion esthétique, via la séduction d’une adolescente et amie de sa fille, qui lui redonnera un semblant d’espérance.

Sujets traités : la vie quotidienne, le désespoir, l’ennui

The Truman Show

Truman Show est un projet ambitieux bien que purement hollywoodien. Truman, le personnage principal, joué par Jim Carrey, n’est pas une vie normale, il est une émission depuis son enfance. Bien sûr, lui seul ignore que son monde est factice. Mais il va découvrir peu à peu que quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde en carton-pâte.

Le film reprend le fameux questionnement de Descartes sur la réalité du monde. Le second thème majeur du film est la critique de la société du spectacle, dans la veine de Guy Debord.

Sujets de philosophie : les médias, l’identité

Bienvenue à Gattaca

film d’anticipation, Gattaca traite de l’eugénisme, illustrant parfaitement l’incompatibilité entre le choix de la naissance et l’auto-déterminisme.

Questions philosophiques: l’eugénisme, la technologie, l’éthique

Meilleur des mondes

Aldous Huxley imagine ce que les progrès techniques de son époque pourraient engendrer comme société. L’utopie du Meilleur des mondes anéantit l’individu, sauf à avoir pour idéal de ne plus penser par soi-même et d’avoir pour but la vie sous soma. John le sauvage en est le héros tragique.

Quand Huxley publie son Meilleur des mondes, celui-ci est accueilli comme roman d’anticipation, terme qui comprend aussi bien les visions d’un futur optimiste que pessimiste. Roman d’anticipation, il est aussi de la « science-fiction », terme qui apparaît en 1925. La science est au centre du récit et engendre des changements sociaux, psychologiques et même physiques chez les individus.

Questions philosophiques: l’eugénisme, la technologie, l’éthique

Matrix

Morpheus: La Matrice est universelle, omniprésente. Elle nous enveloppe, même dans cette pièce. Tu peux la voir par la fenêtre ou quand tu allumes la télévision. Tu sens sa présence quand tu pars travailler, quand tu vas à l’église, quand tu paies tes factures. Elle est le Monde. C’est le monde que l’on superpose devant ta vue pour te cacher la vérité.

C’est la fameuse question de la réalité et de l’illusion, bref la question épistémologique par excellence, dont traite Matrix.

Questions philosophiques: la réalité, l’identité, la modernité

Fight Club

Fincher livre avec Fight Club un film à double ambition : sociale, de par sa critique de la société de consommation, et existentialiste, de par l’invention morale, identitaire de son personnage principal, Jack.

Questions philosophiques: la consommation, la modernité, l’identité

La Vague

Il est des films à thèse qui lassent ou qui par leur forme même agacent. Et puis, il y en a d’autres dont La Vague fait partie qui par le récit qu’ils narrent permettent de mettre en images les concepts les plus délicats. En effet, en donnant toute sa place à la naissance et au développement du fascisme dans sa forme la plus radicale, le film deDennis Gansel réussit la gageure d’expliquer comment germe l’idée la plus insupportable et comment elle peut encore parvenir à séduire.

En se plaçant dans un cadre scolaire, le microcosme par excellence des sociétés humaines,La Vague se donne pour mission de raconter à quel point une idée, aussi nauséabonde soit elle, peut se traduire à l’écran. Ainsi, expérience psychologique et formelle, Die Welle s’impose comme la transposition la plus fidèle de cette dernière en l’adaptant à un cadre narratif et esthétique aussi particulier que métonymique.

Questions philosophiques: fascisme, manipulation, éducation

V pour vendetta

Londres, fin du XXe siècle : plus personne n’ose résister au “Système”. L’œil et l’oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l’ordre et la terreur. L’Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée. Pourtant quelqu’un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres. Il est vêtu comme un comédien,masqué d’un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu’il reste de la culture dans son musée des ombres.

Un anarchiste s’est glissé au cœur du système. Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n’a pour nom qu’une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance. À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça…

Questions philosophiques: totalitarisme, révolution, légitimité de la violence 

99F

Publicitaire désillusionné par le milieu dans lequel il exerce ce métier lucratif, Octave erre dans son désespoir et dans la superficialité de sa vie. Se reprochant sans cesse d’être ce qu’il est, il dénonce avec un pessimisme rarement aussi prononcé le monde actuel qu’il considère “pourri” et dirigé par la publicité. Perdu dans son desarroi et dans ce monde d’artifices où il étouffe, Octave ne vit que pour la cocaïne et les prostituées. Jusqu’au jour où tout lâche…

Dans 99F, Frédéric Beigbeder nous offre une critique de la société qui choque et dérange, ceci étant, délibérément ; décrivant violemment, crûment, mais superbement ce milieu où tout n’est que mensonges et faux-semblants. Confrontant les lecteurs à cette société cachée mais bien réelle, ce film hors du commun nous fait prendre conscience du cynisme du système.

Questions philosophiques: consumérisme, publicité, marketing

Will Hunting

Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses études, refusant le brillant avenir que pouvait lui procurer son intelligence. Il vit désormais entouré d’une bande de copains et passe son temps dans les bars à chercher la bagarre et à commettre quelques petits délits qui risquent bien de l’envoyer en prison. C’est alors que ses dons prodigieux en mathématiques attirent l’attention du professeur Lambeau, du Massachusetts Institute of Technology

Questions philosophiques: éducation, marginalité, psychologie

1984

1984 est un roman philosophique et d’anticipation publié en 1949, dans lequel Orwell dessine un monde totalitaire dans lequel les idéologies ont triomphé de l’individu. Dans 1984, Orwell dépeint une société totalitaire absolie, la réalisation la plus extrême qu’on puisse imaginer d’un gouvernement moderne. Le titre du roman indique qu’Orwell voit une possibilité historique l’avènement d’un tel monde.

La technique est vue comme symbole de la domination politique, notamment au service de la manipulation psychologique. Big Brother est introduit dans chaque maison et appartement : spéhère publique et privée sont ainsi fusionnées. Les enfants sont élevés pour espionner et dénoncer leurs parents et la sexualité est reprimée car le désir est vu comme un témoignage de l’individualité. En sus de la manipulation mentale, le Parti exerce un contrôle physique de la population : même un tic facial peut provoquer une arrestation. Les individus effectuent tous un travail harassant pour maintenir la population dans un état de fatigue extrême, ce qui accroît leur niveau d’obéissance. La torture est également une pratique généralisée, signe que le corps appartient à l’Etat. L’histoire, de même, est contrôlée puisque le Parti réécrit les archives.

Questions philosophiques:  langage, morale, dictature

8th Wonderland

Des millions de personnes disséminées de par le monde et déçues de la manière dont celui-ci évolue décident de s’unir. Toutes guidées par le même désir d’améliorer les choses, de ne plus subir l’actualité sans pouvoir réagir. Par le biais d’Internet, elles créent le premier Pays virtuel : 8th Wonderland. Chaque semaine, tous ses habitants votent par référendum une motion différente… Mais que se passerait-il si les motions de 8th Wonderland devenaient petit à petit plus réactionnaires ? Si sa manière d’agir se rapprochait lentement mais sûrement d’un comportement terroriste ? Un problème insoluble se poserait alors à l’ensemble des Nations.Comment combattre un pays qui n’existe pas ?

Questions philosophiques: gouvernance, légitimité, 

La belle verte 

Mila, qui vient de la planète Verte, se dévoue pour aller sur Terre voir comment ces pauvres terriens ont évolué depuis le dernier voyage de ses congénères, il y a deux cent ans. Elle débarque à Paris de nos jours habillée avec un costume de l’époque, le croyant toujours d’actualité. Ne pouvant se nourrir de ces choses affreuses qu’ils mangent, elle se réfugie dans un hôpital pour nouveaux-nés, seule manière pour elle de se recharger en serrant dans ses bras un nourrisson. C’est ainsi qu’elle se heurte au chef de service, Max, qu’elle s’empresse de « déconnecter » pour qu’il voit le monde sous un jour meilleur. Quand les deux fils de Mila-avec qui elle communique régulièrement par télépathie- apprennent qu’elle vit avec deux jolies filles -Macha et sa soeur Sonia- ils débarquent à leur tour sur terre.

Questions philosophiques:style de vie, éthique, altermondialisme

captain fantastic

Il repose sur une idée brillante et pourtant simple, celle d’un père de famille (interprété par Viggo Mortensen) élevant ses six enfants dans un idéal extrême, coupant sa petite tribu de toutes les corruptions de notre société moderne. Échappant aux travers du système (scolaire, nutritif, médiatique et surtout idéologique), ces enfants « sauvages » sont brillants, débrouillards, humanistes, en parfaite condition physique, en communion avec la nature… mais surtout, ils apprennent à penser par eux-mêmes.

En bref, ils forment une parfaite famille anti-système, irrésistiblement révolutionnaire contre toutes formes de propagande, d’oppression et d’abus de pouvoir dont nos sociétés occidentales regorgent. Une famille qui préfère célébrer l’anniversaire d’oncle Chomsky plutôt que de fêter noël et dont le benjamin est toujours prêt à scander avec ferveur « Power to the People! » ou « Stick it to the Man! » Cette joyeuse fratrie va évidemment être forcée de sortir de sa réclusion pour se confronter à la société américaine et à ses contemporains. Le spectateur est alors embarqué dans une sympathique aventure et suit cette famille extraordinaire dans un enchaînement divertissant de situations incongrues, autant comiques que touchantes.

Mais il est difficile d’être critique de la société et ses systèmes lorsque l’on en fait parti. Et Captain Fantastic explore et questionne les compromis que nécessitent la vie en société, sans apporter de réponses ou de moral simpliste. L’intelligence du film est justement de provoquer la réflexion à travers la complexité de ses personnages, ni tout noir, ni tout blanc. Il n’y a ni héros ni anti-héros. Le père de famille rebelle et le grand-père conservateur s’opposent l’un à l’autre, mais leurs deux points de vue se défendent, et au final personne n’a raison sur l’autre.

Questions philosophiques: altermondialisme, éducation, intégration

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