LES TICS VERBAUX

Le baromètre de votre niveau de stress

 

 

ENTRE GUILLEMETS

Pourquoi entre guillemets ?

Quel rôle jouent les guillemets dans le discours ?

Caractéristiques:

Selon les règles de la ponctuation, le rôle essentiel des guillemets est de marquer le changement d’auteur du discours. Les guillemets encadrent donc essentiellement les citations.

Connotations:

Revenons au tic verbal, si vous le voulez bien. Que se passe-t-il dans l’esprit de celui ou de celle qui ponctue son discours par des  guillemets  ? Précaution oratoire ? Peut-être, mais pas seulement.

Les adeptes des guillemets sont des individus qui ont peur de s’affirmer ou d’affirmer leurs opinions. C’est comme s’ils renoncaient à s’approprier leurs propos. Ils accordent à un autre moi virtuel la responsabilité des phrases qu’ils prononcent.

Conséquences :

Confiance en soi défaillante, les guillemets dépersonnalisent ceux qui en abusent.

 

ENTRE PARENTHESES

 

Dans un registre similaire, vous avez les adeptes des parenthèses.  Un petit clin d’œil aux règles de ponctuation.

Caractéristiques:

La parenthèse dans le discours consiste à fournir des éléments qui ne sont absolument pas indispensable à l’intelligence du message mais qui sont de nature à aider à le situer dans un contexte particulier – détail, complément d’information, réflexion personnelle, etc.

Connotations:

L’usage de la parenthèse implique un jugement de valeur. Celui qui enferme son discours entre des parenthèses, sous-entend que ce qu’il dit n’est en rien fondamental, il solde la valeur de son propos. Il se sous-estime.

Conséquences :

Le tic verbal des parenthèses est un symptôme de la mésestime de soi, en d’autres termes : d’une mauvaise image de soi.

 

Ces tics verbaux rejoignent les autres virus de la  parole que je vais vous décrire mais que nous utilisons quasiment tous en situation de stress.

 

LE « QUOICOMANE » : « Arrête, quoi ! »

Le quoi est un pronom interrogatif détourné de sa fonction première dans la phrase.

Employé de manière intempestive comme interjection, il exprime l’indignation, l’agacement voire l’impatience. Mais pas seulement. Ce terme, qui ponctue une intervention verbale, trahit le degré de frustration de celui qui en abuse. Généralement, le locuteur est parfaitement inconscient de la répétition de ce tic verbal.  Si vous écoutez attentivement vous réaliserez très vite que le ton du « quoi » est souvent plaintif ou récriminateur.

Ce tic est clairement associé à un sentiment de frustration. Le locuteur est une victime de la société ou de son entourage.

Le « quoicomane » est un individu frustré, dont le degré de frustration se mesure à la fréquence des « quoi » qui ponctue son discours

 

« LE N’EST-PAS… OMANE »

Le besoin d’approbation procède d’un complexe d’infériorité coulé dans l’ambre de la personnalité du locuteur.

Le « n’est-pasomane » est très manipulable pour autant qu’on lui vote une admiration frauduleuse sans bornes.

 

« LE BON…OMANE »

« Bon ! Maintenant je vais vous dire la vérité. C’est vrai, bon, mais ce n’est de moi que ça vient. Je veux vous rendre service, bon ». Il s’agit d’un symptôme courant consécutif à un accès névrotique. Je vous rappelle que la névrose est une désorganisation ponctuelle ou chronique du mental. Cet accès névrotique est souvent réactionnel à un conflit non résolu. La prise de conscience du tic verbal aide l’individu à retrouver ses marques et à remettre de l’ordre dans son esprit.

 

L’ETC….OMANE

Etc. etc. etc. est un symptôme verbal de la procrastination.

Un individu qui ne finit jamais ce qu’il commence et reporte systématiquement au lendemain  ce qu’il aurait dû faire hier, déjà.

 

AUTRES TICS COURANTS :

Si tu veux ? Si vous voulez ? Tu vois ? Tu comprends ? C’est vrai ! C’est clair ! Oui, oui ! Non, non ! C’est pas vrai ? C’est sûr ! C’est certain ! En fait ! Tout à fait !

Quels sont les tics verbaux qui sont à la mode dans votre entourage ?

 

En conclusion :


Les tics verbaux sont généralement ignorés par ceux qui y ont recours et gommés par ceux qui les écoutent. Seuls les manipulateurs les entendent ; ils parviennent  toujours à en tirer tout le profit nécessaire et suffisant au bénéfice exclusif de leurs objectifs.

Nous sommes tous susceptibles de recourir à ces tics de langage à l’une ou l’autre époque de notre vie. L’important est d’en prendre conscience aussitôt afin de pouvoir les évacuer en reconnaissant le facteur qui les a favorisés.

 

Par : Caroline Messinger


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