« Les indignés » de Hessel au pouvoir… Un terme qui en dit long.

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» Jean Jaurès

 On ne le répètera jamais assez, il n’y a pas plus perverse, et profonde manipulation, que celle faite par les mots. Les médias ont réussi à créer le « mouvement des indignés » là où en Espagne ils se nommaient « real democracia », aux USA « 99% » et lors du mouvement au Moyen-Orient, aucun nom de défini. Tout est basé, selon les médias, sur un petit livre d’un ancien résistant, dont la « vision de l’avenir est dépourvue d’imagination et d’audace ». Je ne suis pas trop étonné par sa prise de position en faveur d’un soi-disant « vote utile »… L’indignation de monsieur Hessel s’arrête où il faudrait commencer… Il ne remet rien en question fondamentalement. »

 Mais alors pourquoi ce terme : « indignez-vous » ?

Qu’est-ce que l’indignation ? Un sentiment de colère suscité par tout ce qui peut provoquer la réprobation et porter plus ou moins atteinte à la dignité de l’homme. La réaction à l’indignation est l’expression vivement déclarée, le mode le plus courant étant la manifestation, ce qui reste somme toute, assez calme et courant à notre époque.

 De là certains plus en colère encore ne se sentent pas du tout indignés, mais bien plus révoltés !

La révolte étant : l’Action de se soulever, un mouvement collectif de rébellion contre une autorité établie. Nous avons ici effectivement un mouvement plus téméraire, bien plus en colère, porté par la rage prêt à monter à l’Élysée pour demander des comptes. Dans l’histoire de la France (pour ne prendre qu’elle), les révoltes les plus connues et les plus courantes sont celles du moyen-âge que l’on nommait une « jacquerie »

 Alors autant l’indignation est un mode d’expression virulent montrant sa colère, autant la révolte, elle pousse le peuple entrainé par sa colère à monter sur la capitale pour « couper les têtes. » Malheureusement, l’histoire nous montre que les révoltes n’ont que rarement abouti.

Il n’est donc pas étrange d’entendre les médias parler de « révoltes du monde arabe » sous-entendant ici même qu’elles en resteront impuissantes .

 Mais alors, comment nommer ce mouvement de protestation ? Cet élan du peuple exigeant de réels changements ?

 La question est de savoir pourquoi vouloir lui attribuer un nom. Dans l’histoire les noms des périodes de changements ont été mis après, mais rarement pendants. Pourquoi rentrer une fois de plus dans une case simplement pour dire que le peuple se réveille ?

Pour ceux ou celles qui veulent absolument un Nom, une identité, je ne peux que conseiller comme terme « suite d’une révolution d’un peuple luttant pour sa dignité » pourquoi faire aussi long ? Car nommé un mouvement, c’est le figer dans le temps, dans une position. C’est le limiter à son identité, alors à nommer à tout prix, autant que ce soit un terme long et vaste pour ouvrir le présent à tout changement et possibilité.

 Alors la prochaine fois que vous vous réclamerez « indignés », « révoltés » ou tout autre terme désignant votre action ou le mouvement dont vous appartenez, demandez-vous, pourquoi, c’est ce mot que vous avez choisi ou que l’on vous a imposé.

                                                            Libre à vous d’être qui vous voulez être.

Par : Le veilleur