L’alimentation magique

Omraam Mikhaël Aïvanhov était un philosophe d’origine bulgare considéré comme un maître spirituel par certains. Il s’intéressa tout particulièrement au Yoga de la Nutrition (Hrani Yoga) qui considère l’alimentation comme un moyen de développer une vie spirituelle ainsi qu’une meilleure santé physique et mentale. Son ouvrage « Hrani Yoga : le sens alchimique et magique de la nutrition » retrace plusieurs idées et pratiques que j’ai eu envie de partager avec vous. A prendre ou à laisser, ces réflexions ont le mérite d’élargir notre perception de l’alimentation et d’y ajouter une dimension magique rarement évoquée.

Ce livre aborde l’alimentation comme une magie blanche, accessible à tous, trois fois par jour et qui nous permettrait un éveil spirituel des plus simples et des plus purs. En espérant que ces idées, une ou toutes,  auront semé quelques graines dans votre esprit et pourront vous aider dans votre chemin.

alimentation partage

Un extrait des premières pages de son livre pour vous ouvrir l’appétit:

« Supposez que, à la suite de certaines circonstances, vous avez été privé de nourriture pendant plusieurs jours et que vous soyez tellement affaibli que vous ne puissiez plus marcher ni même faire un seul mouvement : vous êtes plongé dans la torpeur et vous dépérissez au point d’être en danger de mort. Même si vous êtes extrêmement instruit, un savant, même si vous possédez des pouvoirs magiques, ni vos connaissances ni vos pouvoirs ne valent grand-chose comparés à un morceau de pain, à un fruit que quelqu’un vous apporte pour vous ranimer. Cela n’est-il pas merveilleux ? Ne voyez-vous pas que ce pain est un élément magique formidable ? Une seule bouchée a mis en action tant d’usines et de forces, qu’une existence entière ne pourrait suffire à les énumérer toutes.

La nourriture, qui est préparée dans les laboratoires divins avec une sagesse inexprimable, contient des éléments magiques capables de conserver et de rétablir la santé non seulement physique mais psychique. Pour cela il est nécessaire de connaître dans quelles conditions ces éléments peuvent être captés, et que le moyen le plus efficace pour y parvenir est la pensée. Oui, car la pensée de l’Homme est capable de retirer de la nourriture des particules subtiles, lumineuses, qui entrent dans la construction de son être tout entier, et c’est ainsi que peu à peu il se transforme. »

Le livre est une série de conférences retranscrites car l’enseignement d’Omraam Mikhaël Aïvanhov était strictement oral. Voici quelques unes des idées les plus intéressantes :

Le bruit

L’auteur insiste beaucoup sur les conditions dans lesquelles on mange. Bien avant de penser à l’assiette, il faut respecter certaines conditions de calme et de bienveillance au moment de faire à manger et de passer à table.

Les repas devraient être partagés dans le silence selon Omraam Mikhaël Aïvanhov. Un moment de paix et de communion avec les miracles qui se multiplient dans notre assiette : des aliments parfaitement adaptés à nos besoins, offerts par la Terre, colorés, gouteux et remplis d’énergie pour notre âme. Bien sur, manger dans le silence en famille ou entre amis serait difficilement applicable de nos jours où le repas est devenu un moment de partage très sonore :) . Par contre, lorsque vous êtes seul, essayez de ne pas manger dans le bruit (une série, la télé, les infos à la radio..). Ce bruit, très rassurant et familier est surtout une grande source de distraction. Sinon vous mangerez plus et mâcherez moins bien ! A appliquer d’autant plus lorsque vous vous êtes donné la peine de préparer un petit plat, avec du temps et de l’ingéniosité. Le passage à l’acte mérite autant d’attention que la préparation : fermez les yeux et sentez vos papilles fondre et exploser.

La façon de manger

Manger de façon « mécanique, inconsciente, en faisant des gestes rapides, saccadés, en avalant plutôt qu’en mastiquant, en agitant dans sa tête et dans son cœur des pensées et des sentiments négatifs » a un impact négatif sur ce que nous mangeons. L’idée est de ne pas ressentir des émotions négatives, conflictuelles, des plaintes ou des critiques alors que nous sommes entrain de nourrir notre corps. Bien sûr, cela s’applique à toute la vie, mais le moment du repas est un moment de dialogue unique avec notre corps. Il faut soigner cette relation et manger le cœur heureux et léger.

Il conseille de respirer profondément avant de commencer à manger : prendre le temps de se poser, de mettre de côté le tourbillon de la vie et de s’apprêter à manger dans la paix. Détail intéressant, il insiste sur la première bouchée qui détermine en quelque sorte le reste de notre repas. Si notre première bouchée est consciente, qu’on mastique savoureusement et lentement, tout le reste se fera harmonieusement. J’ai constaté que ce conseil est très efficace, il suffit d’y penser juste avant et de se recentrer sur notre assiette, et le repas est très souvent étonnamment délicieux et mémorable ;)

Mâcher pour la spiritualité

La bouche n’est pas seulement essentielle pour mastiquer et améliorer notre digestion, elle est également capable « d’absorber les particules éthériques (qui nourrissent les plans subtils immatériels de notre corps) de la nourriture, les énergies les plus fines et les plus puissante ». Ce sont ensuite les matériaux grossiers qui sont envoyés dans l’estomac. Cette expérience est facile à ressentir selon l’auteur qui nous rappelle que lorsque nous sommes fatigués, que nous avons très faim, la première bouchée suffit à nous rétablir et nous redonner des forces. Et pourtant, la nourriture n’a même pas eu le temps d’être digérée. « Comment cela a-t-il pu se faire si vite ? Grâce à la bouche l’organisme a déjà absorbé des énergies extraordinaires. »

Si la mastication est bonne pour le corps physique et la digestion, la respiration est essentielle pour le corps éthérique. Il faut prendre le temps de respirer et d’espacer les coups de fourchette pour retirer le maximum de chaque aliment.

Les pensées

Ici on parlera d’un autre corps subtil, le corps astral, censé se nourrir d’émotions et de sensations, des particules encore plus fines et subtiles que les particules éthériques. Il est conseillé de manger dans la paix, l’amour, en étant reconnaissant pour les aliments dans notre assiette, qui sont la bénédiction qui permet notre vie. En adoptant un comportement calme et heureux, en s’attardant sur nos aliments, on préparerait notre corps astral à en retirer les particules.

« Lorsque le corps astral (des sentiments et des émotions) a reçu sa nourriture pendant le repas, vous éprouvez une sensation de bien être indescriptible, vous vous sentez généreux, bienveillant, indulgent. Si vous devez régler des questions importantes, vous vous montrez large, patient, vous savez faire des concessions. Par contre, si le corps astral n’a pas été nourri, si vous avez mangé en grognant, en critiquant les autres, en vous fâchant, vous vous manifestez ensuite avec aigreur, nervosité et partialité, et si vous avez des problèmes à résoudre, la balance penche toujours du côté négatif ou injuste »

Les aliments

Vous vous en serez doutés, les adeptes de cette philosophie refusent de consommer deux types d’aliments : les aliments intoxiqués et la viande. Les aliments intoxiqués concernent tous les produits traités chimiquement, cela fait donc directement écho au débat actuel sur l’agriculture biologique, l’agriculture conventionnelle et les OGM. Concernant la viande, le végétarisme est très longuement défendu et expliqué. Je vous propose de lire ces extraits choisis pour comprendre la logique derrière le végétarisme prôné par Omraam Mikhaël Aïvanhov. C’est vraiment atypique et intéressant !

« Qu’est en réalité, la nourriture qu’on met dans l’organisme si on la considère d’un autre point de vue? C’est une antenne. Quels qu’ils soient, chaque atome et molécule absorbés nous lient avec certaines longueurs d’onde, avec certaines vibrations et entités. Chaque nourriture est semblable à une antenne qui nous met en relation avec certaines régions de l’univers.
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Étudions la viande. Sa consommation laisse beaucoup de déchets, de poisons, de toxines en nous. Elle nécessite une dépense d’énergie considérable pour absorber le peu de force vitale qu’elle contient.  Les maladies qui surviennent sont dues à ces impuretés qui restent dans les intestins et dans tout l’organisme. La viande ne possède pas de force subtile en elle, contrairement à l’herbe ou aux fruits qui sont exposés aux rayons du soleil. La véritable énergie absorbée, c’est la lumière céleste, condensée dans les fruits et les légumes. Quand nous mangeons de la viande, nous trouvons à peine en elle un peu de cette lumière que les animaux qui mangent l’herbe accumulent.
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D’un autre point de vue, combien réfléchissent à ce que ressentent les animaux lorsqu’on les mène à l’abattoir? Quelle frayeur, quels sentiments négatifs les agitent et les troublent! Ils ne peuvent pas parler, mais tout ce qui se passe en eux agit sur leurs glandes. Ils ont la même structure que l’homme; ils sont sensibles, intelligents, et il se produit toujours un désordre dans le fonctionnement de leur organisme quand ils sentent qu’on va les tuer. Leurs glandes sécrètent des sucs perturbés qui envahissent le sang qui est ainsi empoisonné à son tour. Ces toxines, ce poison, est néfaste et ne peut disparaître par la cuisson ou le lavage de la viande. Si on mange de la viande, elle agit dans l’organisme humain. Les sentiments que l’animal émet au moment de sa mort imprègnent tellement les atomes et les molécules de sa chair que, lorsqu’on mange sa viande, elle influence les corps éthériques, astral (sentiments) et mental (pensées) de l’homme. Ainsi, on devient de plus en plus semblable aux animaux.

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Vous dites qu’il faut manger de la viande pour développer ses muscles et devenir solide. Croyez-vous vraiment qu’on doive dire à la vache de boire du lait pour qu’elle puisse en avoir? Comment la vache prépare-t-elle une nourriture si puissante en ne mangeant que de l’herbe? Comment a-t-elle pu la fabriquer? D’où cela est-il sorti? En utilisant votre logique, il faut dire qu’elle doit boire du lait pour en donner. Mais, la vache possède une autre logique que la vôtre.

Considérez les fruits et les légumes. Quelle beauté est la leur! Regardez par exemple une belle feuille verte de salade, la véritable poésie s’y trouve. Et que dire aussi des fraises, des oranges, des pamplemousses et de tous les autres fruits!

Comment reconnaître la qualité d’une nourriture? Le critère que je vous donne là est parmi les meilleurs; la matière d’une nourriture de bonne qualité résiste longtemps à l’atmosphère; si elle se gâte facilement, sachez qu’elle n’est pas de bonne qualité. Ainsi, prenez de la viande, gardez-la vingt-quatre heures à l’air (les hommes sont malins, ils ont inventés les réfrigérateurs), vous verrez quel aspect elle aura et quels insectes se mettent à y pulluler. La viande se putréfie en dégageant des gaz, ce qui prouve que sa matière n’est pas parfaite. La même chose se produit dans l’estomac.
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Savez-vous qu’on devient plus nerveux, plus irritable, quand on mange de la viande? On ne supporte ni un regard, ni un mot. Cette nervosité, cette irascibilité sont nourries par la viande. C’est la viande qui pousse les hommes à être ainsi. Si vous me dites: «Frère Michaël, observez que les gens qui mangent de la viande supportent mieux certaines difficultés dans la vie; ils sont plus résistants, plus combatifs, plus tenaces, plus actifs.» Oui, c’est vrai. Mais il y a des explications à ce sujet. Si vous faites une comparaison entre carnivores et herbivores, qu’observez-vous? Vous constatez que les carnivores sont beaucoup plus actifs, plus énergiques, qu’ils savent défendre leurs intérêts avec leurs dents, leurs ongles et leurs griffes. Se quereller, discuter, ne les fatigue pas énormément. En revanche, les herbivores ont besoin de paix, d’harmonie, de douceur et ils étouffent au milieu du désordre et de la discorde. Là où les carnivores sont bien armés, les autres doivent fuir. Tous ceux qui tirent des conclusions erronées disent que les premiers sont mieux armés pour la vie. C’est vrai. Mais quelle vie? Pour la vie animale.

On m’objectera autre chose en disant: «Observez les animaux carnivores, ils ont une énergie formidable et travaillent activement.» Oui, c’est vrai, mais voyez combien de temps cela peut durer. Tous les animaux féroces, les fauves, sont forts et puissants, mais ils ne peuvent poursuivre longtemps leurs efforts. Ils sont très forts dans l’instant, manifestent un grand dynamisme, mais ensuite ils s’affalent lamentablement. Les herbivores ne manifestent pas une force semblable, mais elle est régulière, équilibrée, pondérée, continue ; c’est pourquoi le travail qu’ils fournissent est beaucoup plus réel et effectif que celui des carnivores.

Considérez les fourmis, les abeilles ; elles sont infatigables ; les chevaux, les brebis, l’éléphant, également. Vous dites: «On a beaucoup de forces quand on mange de la viande.» Vous ajoutez que le lion est le roi des animaux. Mais comment se fait-il que l’éléphant soit le plus fort des animaux bien qu’il ne se nourrisse que de végétaux? D’où extrait-il cette force?

(…)

Celui qui veille sur son temple (le corps physique que Dieu a donné à l’homme) n’y introduira jamais de cadavres, car il appartient à Dieu. Ne croyez pas que Dieu viendra s’installer dans un corps qui représente un charnier rempli de cadavres et d’ossements. »

L’après repas

Le temps après le repas est également un indicateur de comment nous avons mangé. L’auteur conseille de rester tranquille pendant un moment après le repas en faisant quelques respirations profondes « pour que le prana (l’énergie vitale) soit mieux réparti dans l’organisme ». A l’inverse, si vous repartez tout de suite dans vos activités ou que vous vous couchez somnolent, c’est un signe d’avachissement et d’alourdissement de notre corps.

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