La Servitude Climatique : Un livre complet sur le climat : science, économie et politique

Dans La servitude climatique : Business et politique, Jean-Michel Bélouve rend un service inestimable en proposant non seulement au lecteur une analyse des diverses thèses en présence dans le débat scientifique (oui : le débat) sur les origines des changements climatiques, mais aussi une analyse très fine de l’économie et de la politique du changement climatique.

On apprend donc comment pour certains scientifiques -certains seront surpris ! – le soleil est le déterminant majeur du climat. L’auteur revient aussi sur l’histoire de l’effet de serre. Conclusion : le débat sur les origines du changement climatique est très loin d’être tranché, et les observations pour l’instant ne penchent pas en faveur de la théorie de l’effet de serre du GIEC. Sur le plan strictement scientifique donc, rien ne justifie pour l’instant l’alarmisme dont font preuve les gouvernants actuellement.

C’est là que l’économiste entre en scène : on peut effectivement mieux comprendre le processus de décision politique autour des mesures contre le réchauffement fondés sur une science non établie, lorsqu’on prend en compte les intérêts qu’il y a en jeu. La perspective de J.M. Bélouve nous éclaire alors comme personne sans doute ne l’avait fait auparavant : de Al Gore au célèbre écologiste Maurice Strong, en retraçant le parcours de ces illustres défenseurs de la cause anti-réchauffement on perçoit la mécanique des intérêts qui s’est peu à peu mise en place. Avec les marchés artificiels de droits à polluer et autres valeurs liées aux risques climatiques, la finance internationale va se refaire une santé, au prétexte de la préservation de l’environnement, mais nous prépare une nouvelle bulle « verte ».

L’économiste a aussi son mot à dire sur l’évaluation des mesures envisagées pour lutter contre le réchauffement. Le verdict est sans appel : ces mesures sont contre-productives et vont créer plus d’effets pervers que solutionner de problèmes.

Enfin, sans tomber dans aucun délire conspirationniste, J.M. Bélouve analyse, preuves à l’appui, la prise de pouvoir lente mais sûre d’une technocratie internationale qui fait usage du prétexte environnementaliste pour mieux imposer une gouvernance mondiale qui entend régenter le sort de chaque terrien, imposer de nouvelles taxes, contrôler les naissances, planifier les ressources énergétiques, tout cela bien sûr au mépris flagrant de la démocratie.

réchaufement climatique al Gore GIEC

L’ouvrage de Jean-Michel Bélouve est donc en effet la fois un livre d’histoire, un ouvrage scientifique, un exposé politique, et une prise de position citoyenne.

Un livre d’histoire,

Car il traverse, avec un luxe de détails, plus de 100 ans d’histoire, depuis la découverte en 1896, par le savant Suédois Svante Arrhenius, des propriétés “réchauffantes” du CO2 ; jusqu’aux soubresauts qui ont marqué les grandes manoeuvres préparatoires à la grand-messe qui se déroule actuellement à Copenhague.

Aucun élément essentiel n’est oublié

    • Ni la théorie Gaïa de Lovelock – pour qui la Terre était un organisme vivant – qui a laissé tant de traces dans tous les mouvements écolo-extrémistes,
    • Ni le Club de Rome, et sa fable de l’épuisement des ressources à court terme, encore si vivace aujourd’hui qu’on nous la ressort tous les trois mois sous une forme ou une autre.
    • Ni la naissance des grandes organisations environnementalistes, les ONG.
    • Ni les dessous des grandes réunions planétaires inaugurées par le Sommet de la Terre de Rio en 1992, et dont le dernier avatar est la réunion en cours à Copenhague.
    • Ni, bien sûr les premiers pas du GIEC et la genèse de ses différents rapports.

Il n’y manque que le ClimateGate, mais le livre était certainement déjà sous-presse au moment de l’éclatement de l’affaire. De plus, l’ouvrage donne une grande partie des clefs qui permettent de décoder l’événement

Un ouvrage scientifique

Jean-Michel Bélouve décrit, d’une façon extrêmement claire et abordable par tous les publics – il n’est nul besoin d’avoir un Doctorat Scientifique pour comprendre – les différentes controverses scientifiques qui ont émaillé le développement de la Science Climatique. On y trouvera, notamment :

    • Les différents avatars de la crosse de hockey de Mann/Brifa
    • Le débat sur la portée et les limites des modèles climatiques
    • Le mystère du point chaud (hot-spot) – signature théorique du réchauffement anthropique – qu’on ne retrouve pas dans les observations.
    • L’exposé des théories alternatives solaires.
    • L’effet d’iris de Richard Lindzen et ses développements les plus récents.

L’économie du carbone est l’objet d’un chapitre entier. J’y ai particulièrement apprécié le démontage du rapport Stern.

Un exposé politique et économique

Jean-Michel Bélouve décrit très bien de quelle façon le prosélytisme de la frange la plus active des défenseurs de l’environnement a été relayé par les média, et comment une stratégie de la terreur a été mise en place, pour déboucher vers un asservissement des citoyens, dépouillés de leur sens critique.

C’est le chapitre qui m’a, moi, le plus appris, en particulier sur les détails des petites manipulations et grandes compromissions qu’il a bien fallu mettre en place pour faire coller les théories catastrophiques et les réalités qui le sont bien moins.

Deux chapitres sont consacrés à l’histoire de deux personnages clef :

    • Le premier, bien connu puisqu’en pleine lumière : Albert Gore.
    • Le deuxième, moins connu du grand public, bien qu’il ait joué un rôle encore plus déterminant :Maurice Strong. La lecture du chapitre sur celui que l’auteur appelle ”gourou de l’ombre” – ombre bien ténébreuse – fournit bien des clés pour la compréhension des événements de ces 20 dernières années.

Une prise de position citoyenne

Dans le dernier chapitre, intitulé “Quel monde pour demain”, l’auteur nous livre en guise de conclusion sa position sur ce que devrait-être, à son avis, une écologie non seulement respectueuse de l’environnement, mais aussi de l’homme.

C’est peut-être le chapitre qui aurait mérité plus de développements, car il m’a laissé un peu sur ma faim. Un autre livre, peut-être ?

En guise de conclusion

Lorsque l’on publie un ouvrage sur un sujet aussi brûlant et porteur de thèses polémiques, il faut se demander par quel “angle d’attaque” les détracteurs potentiels vont pouvoir tenter de le saper. L’ouvrage répond par avance à nombre de critiques potentielles qui pourraient lui être adressées.

En outre, l’auteur se sort de difficultés majeures qui auraient pu le discréditer et qui deviennent des forces de l’ouvrage.

Autant les aspects scientifiques, historiques et économiques sont descriptifs et non sujets à interprétation – interprétation n’est pas controverse, rappelons le – l’auteur est évidemment obligé d’émettre des hypothèses lorsqu’il aborde les motivations politiques des uns et des autres. Bien qu’il reste toujours très prudent dans les formulations des passages les plus délicats, et souligne d’ailleurs lui même avec honnêteté toutes les zones d’ombre que son enquête n’a pas pu éclaircir, il est clair que ses détracteurs auront beau jeu de tenter de le discréditer par le “jeu des petites phrases retirées de leur contexte”. Cela ne retire rien à l’ouvrage, bien au contraire.

La difficulté provient de ce que l’auteur aborde des thèmes également repris par des sites “complotistes” dont les exagérations, qui confinent parfois au délire, sont évidemment à ranger au placard des hypothèses farfelues pour gens aimant se fabriquer leur propre cinéma d’horreur.

Mais les complotistes prospèrent par exagérations sur le terreau des compromissions bien réelles de certains grands de ce monde, et il n’était pas possible de ne pas évoquer ces compromissions au motif que ceratins de ceux qui les exploitent ne le font pas de façon sérieuse. Mais là où des complotistes en auraient fait (et en font) une sorte de conspiration mondiale abracadabrante, JM Bélouve se contente de noter que des groupes confidentiels (voire très secrets) internationaux réunissant politiques et milliardaires, qui existent, dont certains ont des sites internet, publient des documents bien réels, ont appuyé explicitement un certain nombre de politiques “anti-réchauffement”, dans des buts divers, économiques ou politiques.

En outre, une idéologie visant à transférer les pouvoirs des états vers une instance mondiale nécessairement non démocratique (comment rendre démocratique un gouvernement sur 200 nations et plus de 6 milliards d’âmes ?) et de facto dirigé par une élite auto-proclamée et cooptée, semble animer de nombreux leaders d’opinion qui soutiennent la démarche de l’ONU et du GIEC.