Comprendre la peur pour s’en défaire.

Ce n’est pas de l’inconnu dont nous avons peur, mais de la représentation que l’on s’en fait.


L’inconnu en soi n’a rien de terrifiant car on ne le connaît pas. Cet inconnu, nous ne l’acceptons pas comme tel. Il nous faut le connaître, tout du moins un peu, et c’est ce peu qui est l’intervalle dans lequel se projettent nos terreurs. On se fait une idée de ce qui nous échappe. Il nous faut faire de cet inconnu un objet identifié, sauf qu’il y a bien plus de soi dans cet objet imaginé que de réalité. Ainsi, la peur se nourrit de cet écart, et donc mincit d’autant si l’on cherche à rencontrer ce qui nous effraie. La rencontre vainc la peur, et cela même si l’on est en danger, car c’est l’action qui a pris sa place. La fuite au contraire l’alimente, avec l’imagination pour mère nourricière. Pour autant faut-il qu’il s’agisse d’une rencontre avec quelque chose d’imaginée, c’est-à-dire lorsque l’imagination précède la rencontre. Car rencontrer le réel, dans toute sa réalité, dans toute sa brutalité, n’apeure pas, mais angoisse. L’angoisse ne vise rien, mais tout. Elle n’a pas d’objet, donc aucune rencontre n’est possible. On ne peut avoir de prise sur elle, si ce n’est de s’en éloigner, avec des artifices. Il y a l’abrutissement, mais le prix à payer est très élevé, c’est-à-dire renoncer à penser par soi-même, parce que l’angoisse fait d’un esprit autonome sa demeure. Il y a la peur qui est un processus de réification. En clair : la peur procure des objets pour qu’une rencontre, ou alors la fuite, soit possible ; la peur donc, pour échapper à l’angoisse.



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Faut-il que l’homme ait peur pour être bon ? Faut-il une menace pour desservir le mal ? Faut-il être sanctionnable pour adopter un comportement irréprochable ? La religion a fait de la peur un instrument à son service. Que l’homme pêche sa vie durant et l’enfer sera sa demeure éternelle. Le politique a su également, et sait encore, user de la peur pour servir ses fins. Machiavel n’a-t-il pas dit au prince que son pouvoir ne trouverait pas de meilleure alliée en la peur qu’il inspire ? La peur donc pour assoir son emprise et prolonger son empire, pas la haine car cette dernière rend illégitime ce que la peur a produit. Le totalitarisme ne fonctionne pas autrement. La peur est à la fois utilisée pour installer un pouvoir totalitaire et le maintenir en le légitimant. L’Etat totalitaire serait ainsi la seule structure capable de tenir les hommes en respect et d’éviter qu’ils ne s’entretuent. Cette pensée voudrait que naturellement l’homme est dangereux pour son prochain, et que seul un pouvoir les dépassant leur assure une survie réciproque, ce que nous dit Hobbes dans Le Léviathan : « Aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun. »

Ainsi, l’homme serait disposé à la violence que seul le pouvoir peut contenir. Hobbes justifie la politique pour pacifier cet homme de la nature incapable seul de respect. Mais la pacification peut aussi devenir une idée totalitaire lorsqu’elle vise à uniformiser au lieu d’unifier. C’est alors une guerre qui ne dit pas son nom, celle qui oppose l’individu au système, et ce même si aucune arme n’est employée, si ce n’est la peur. Cette dernière est peut-être d’ailleurs la plus redoutable de toutes, parce qu’elle est en mesure de dérober à la paix ses plus beaux habits pour déguiser son forfait en une nécessité.

source : philosophie.initiation

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 La peur freine l’humanité. Si l’on analyse les mécanismes de la violence ou de l’injustice, on trouve toujours un noyau de peur, bien enraciné, mais aussi légitimé, banalisé, qui fait que l’on (se) permet d’adopter des comportements offensifs, rigides et violents. Ce comportement se perpétue : ainsi, celui qui a subi la violence et ne se questionne pas, fait subir la violence. Et la peur poursuit son chemin, de génération en génération. Et elle ne mène à rien de constructif…

Peur de la mort, liée à un gouffre spirituel et métaphysique, mais aussi peur de vivre. Peur de manquer, peur de souffrir, peur d’aimer, peur d’être Soi.

Ainsi, la peur gouverne la société, prenant racine au sein de la famille et de l’éducation. Elle nous gouverne, dicte nos comportements, et nous nous sentons victimes. Alors, lorsque nous en avons l’occasion, pour nous affirmer un peu, ou pour nous venger – consciemment ou pas – nous devenons à notre tour plus ou moins bourreau. Nous croyons alors qu’en faisant usage de la force, en obligeant l’autre à nous obéir ou à être d’accord avec nous, « pour son bien », nous gardons le contrôle, nous maîtrisons la situation.

Or, la Vie – dont les enfants sont les dignes représentants – est un joyeux désordre ! La vie ne peut être asservie, forcée, rangée. Elle s’écoule, s’échappe, folle, libre et heureuse. Il n’y a pas à avoir peur, il y a à avoir confiance! Quitter ses peurs revient à être créatif, à se réaliser, à vivre pleinement, à être heureux!

Alors, nous, adultes autrefois éduqués dans la peur, guérissons nos blessures d’enfant, gagnons ainsi notre liberté (et responsabilité), osons dire oui à la vie, osons être nous, osons nous épanouir. Soyons un bel exemple pour nous enfants, dont le message essentiel sera « Sois-toi, épanouis-toi, je te respecte, je t’accompagne, je t’aimerai toujours. Va dans le monde rayonner les belles qualités de ton être. Je suis heureux(se), quoiqu’il arrive ».

Voilà pourquoi je ne souhaite pas inculquer la peur à mon enfant, voilà pourquoi il est essentiel de vivre les principes d’une éducation éthique, respectueuse, bienveillante, confiante, qui insufflerait et nourrirait la Joie par tous les moyens.

C’est la promesse d’un monde à venir.

source : http://education-joyeuse.blogspot.fr/