CROIRE ou NE PAS CROIRE Le baromètre de votre confiance en vous


CAS PRATIQUES

– Je crois que je peux le faire !
– Je peux le faire, je suis capable de le faire !

CARACTERISTIQUES

Croire : Tenir pour vrai ; estimer, juger, penser ; avoir confiance ; avoir la foi.

CONNOTATIONS

Croire à la forme négative

Incapable d’accepter une réalité qui les dérangent, les « je ne le crois pas » refusent à voix haute de croire à ce qu’ils voient. Le refus de la réalité appartient aussi à des individus qui font semblant de jouer les incrédules.

Croire + adverbe

L’association entre le verbe croire et l’adverbe délinquant « vraiment » est l’expression d’un doute massif. Utiliser « croire et vraiment » dans la même réplique est un venin qui renforce encore la paralysie de l’action.

Croire + que

Le verbe croire suivi de la conjonction « que » s’accompagne le plus généralement d’un conditionnel qui introduit l’indécision, le doute ou la spéculation intellectuelle.
Celui qui « croit que » est un anxieux patenté.

• Vouloir + croire

Recourir à la volonté pour y croire signifie que l’on n’y croit pas du tout. Association de ces deux verbes = manipulation souvent ironique

• Croire en solo

L’usage de ce verbe n’est pas toujours négatif. Le verbe croire est porteur d’une énergie, la foi – dans son acception la plus large. Lorsque le verbe croire transmet la foi, communique la conviction, il est, alors, porteur d’une énergie productrice. Cette énergie productrice peut devenir réductrice dès l’instant où le verbe croire inhibe la foi et lui substitue le doute : « je crois que je vais y arriver ! »

Comment passe-t-il de l’un à l’autre ?

Les rapports de force intra-verbaux
A l’instar de toute situation où deux caractères dominants se retrouvent confrontés, l’un veut dominer l’autre doit se soumettre. Ceci est valable aussi bien au sein de l’espèce animale que de l’espèce humaine. L’univers des mots n’échappe pas à cette règle. Deux verbes porteurs d’énergies productrices dominantes ne peuvent cohabiter dans une même phrase sans la dénaturer. Car l’une doit dominer l’autre se soumettre, c’est-à-dire se transformer en énergie réductrice. C’est ce qui se produit dans « je crois que je peux le faire. » Le verbe croire, porteur de l’énergie productrice de la foi, tourne au verbe réducteur et devient inhibiteur par sa seule présence au côté du verbe faire dans la même formulation ; il communique alors le doute. Ce qui se traduit par : « Je crois que je peux le faire » mais au fond de moi je n’en suis pas du tout certain. Cependant, je préfère y croire que d’affronter mes doutes.

CONSEQUENCES

« Je crois que vous avez raison… » n’est pas « vous avez raison ! » ; « Je crois que je t’aime » n’a plus rien à voir avec « je t’aime !»
L’utilisation abusive du verbe croire trahit une foi fragilisée par ses doutes. Pourquoi vous sentez-vous obligé d’ajouter le verbe croire à votre affirmation ? Parce que vous émettez un doute. Et les doutes à répétition rendent votre confiance en vous vulnérable.

LE CHOIX DES MOTS

Par quoi le remplacer ?
N’utilisez le verbe « croire » que pour exprimer votre conviction.
Et si besoin est, substituez-lui un « Il me semble que » qui est moins corrosif pour votre confiance en vous, formulation qui n’induit pas une implication affective aussi massive.

EN CONCLUSION

A chaque association du verbe croire avec un verbe concurrent, le doute s’insinue un peu plus dans la foi comme le ver dans la pomme.

par : Caroline Messinger

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