Respecter l’autre, est-ce respecter le semblable ou le différent ?

Respectons-nous les uns les autres. C’est la condition sine qua non du vivre ensemble et d’une vie harmonieuse. Oui, c’est bien beau. Sur le principe, qui ne serait pas d’accord? Mais comment faire? Qu’est-ce que respecter l’autre? Quand nous respections autrui et inversement, que respectons-nous? Ce dans quoi nous nous reconnaissons? Ou parvenons-nous à respecter ce que nous percevons comme radicalement autre?

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Qu’est-ce que le respect?

Le respect semble aller de paire avec la tolérance. Respecter c’est accepter entre soi et l’autre une certaine distance. C’est reconnaitre à l’autre le droit à une existence digne et ne pas y porter atteinte. Quel mécanisme nous permet-il d’y parvenir? S’il est facile de respecter le semblable, le frère, la sœur, de sang, de cœur, d’esprit, d’appartenance à un groupe, qu’en est-il du différent? De celui qui n’est pas comme soi, de l’étranger? Est-ce bien celui que nous reconnaissons comme semblable à nous que nous respectons, même s’il diffère de nous? Ce questionnement est l’un des plus grands défi du vivre ensemble et de la tolérance. Mais affirmons-le, le respect va plus loin que la tolérance. Cette dernière reconnait à l’altérité le droit d’exister, et empêche tout rejet en permettant la cohabitation. Le respect semble contenir une notion supplémentaire. Dans le respect, se trouve une notion de sacré, de considération et d’égards pour l’autre. Il y a de l’estime pour ce qu’est l’autre dans toute sa radicalité. Le respect sans aller jusqu’à la vénération ou perdre son identité, porte des marques d’estime à l’autre.    

Tous différents…

Respecter, c’est souvent respecter l’altérité, l’autre, ce qui n’est pas soi. C’est le reconnaitre souverain de sa propre vie et le voir être notre égal en droits et devoirs. Pourtant l’autre est radicalement autre. Le respect, c’est tolérer l’autre religion, et la respecter, en tant que culture, que mode de pensée sur le monde, tout autant que l’athéisme. Respecter l’autre, c’est ne pas exclure, au motif de la peur suscitée par l’étrangeté. Altérité mon amie, m’es-tu semblable? Ta différence n’est-elle pas un jeu de masque que je ne suis pas encore parvenu à faire tomber? Un voile au-delà duquel je ne sais voir que nous sommes semblables? Qui respecte l’araignée qui passe, si étrangère à notre propre espèce, en position de faiblesse face à la toute puissance de notre masse corporelle, concentrée sur notre pieds posé au sol? Vous n’avez même pas senti la vie de l’araignée partir. Qu’il est cruel pour l’araignée d’être à ce point dissemblable! Sommes-nous réellement à même de respecter le différents de nous? Pour respecter, ne nous faut-il pas avant tout, voir le semblable?

…mais semblables!

Quand vous vous regardez dans la glace, êtes vous semblables à vous-mêmes? Etes-vous différents à vous même, ou encore indifférents? Que respectez-vous en vous même? Que faites-vous de l’écart, qui existe toujours en chacun, entre celui que vous êtes dans les faits, et celui que vous aspirez à être? Vous respectez-vous? Respectez-vous votre part d’ombre et de lumière, celle qui vous permettra une forme d’humanité d’indulgence envers votre semblable? Se connaitre permet à chacun de reconnaitre en l’autre, les points communs qui fondent les bases du respect. Le respect, s’il est vrai, ne fait pas de distinction. Il n’est pas discriminatoire. Respecter c’est autant respecter le semblable que le différent. Chaque être qui nous entoure, est fait de semblable par rapport à nous, et de différents. Les proportions varient d’un individu à l’autre par rapport à nous-mêmes, et inversement. C’est autant respecter le semblable que le différent que de lui témoigner du respect.

Par : Eugénie Baylac

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