Parlons finance

1° : La finance pour néophyte : 

Pour tenter d’expliquer le fonctionnement des banques, nous allons prendre comme image, dans un premier temps, une piscine.

La piscine vide représente la banque, l’eau quant à elle représente l’argent.  Comment la piscine se remplit, c’est-à-dire d’où vient l’argent qui est dans les banques ? Dans un premier temps, il y a l’argent  déposé pour ouvrir la banque (les fonds propres de la banque, celui des « propriétaires » ; actuellement principalement l’argent des actionnaires).  Ensuite il y a les dépôts (des ménages qui déposent de l’argent à la banque), les obligations (les bons du Trésor d’un État, c’est-à-dire des bouts de papier qui sont des promesses de remboursement avec des intérêts qui sont plus fort si le pays et peu fiable).

Mais  la piscine se vide aussi régulièrement. Par l’argent que retirent les personnes qui sont dans cette banque, par les emprunts… L’argent que l’on dépense dans notre salaire dépend du taux d’épargne. Par exemple avec 900€ de revenues par mois, tu dépenses tout, avec 2500€ par mois tu peux choisir de tout dépenser ou choisir d’économiser disons 300€ (dépôts à vue, tu retires quand tu veux) et placer 500€ sur un compte à terme (ex: un placement sur 2 ans qui rapporte plus, si tu ne retires pas avant…) Ce taux d’épargne dépend des revenues, mais aussi de facteurs plus complexes, comme culturels ou lié au système social (en France une partie importante du salaire est épargnée ; à l’inverse aux US, les salaires sont inférieurs aux dépenses : épargne « négative »). Ex: en Chine, où le système social est inexistant, il y a une épargne massive dès que le salaire le permet; aux US ça devrait être pareil, mais avec la culture de consommation, même ceux qui ont des salaires élevés finissent les mois avec 0 épargne.

Seulement, souvent la piscine n’a pas assez d’eau pour en prêter à celui qui veut emprunter une quantité, et donc le banquier va voir chez les autres banques si elles ont plus d’eau pour en prendre une partie. En cela, une activité importante des banques est de prêter à long terme de l’argent à des clients (ex maison sur 20 ans) et de réussir à « équilibrer les comptes » de la banque en empruntant à court terme (ce qui coute moins cher en intérêt).

Seulement la banque qui demande doit avoir suffisamment d’eau pour être crédible et que l’autre pense qu’il pourra rembourser, sinon il y a ce qu’on appelle une crise de confiance.  Tout ce système fonctionne donc sur la base d’une confiance mutuelle des banques, si le contexte économique trouble cette confiance : crise de liquidité du marché interbancaire ; les banques qui ont un excédent (plus d’eau que les autres) préfèrent le conserver que de le prêter (au risque de le perdre). Du coup les banques « en déséquilibre comptable » (qui on prêté plus d’eau qu’elles ne le peuvent pensant en récupérer chez les banques voisines) sont en danger. Voilà en image le fonctionnement régulier d’une banque.

Maintenant un peu d’histoire : la banque a très vite servi grâce aux lettres de change, de création de moyen pour faciliter l’échange de marchandises (création de facilités commerciales,). Qu’est-ce qu’une lettre de change ?  C’est une feuille de papier nominale (appartenant à une personne) qui dit que vous avez tant d’argent dans une banque.  Par exemple vous avez 50 lingots d’or dans votre banque en France. Vous partez en voyage en Inde, vous prenez simplement la lettre de change qui dit que vous avez effectivement dans la banque X 50 lingots d’or et en arrivant en Inde dans la banque X vous pouvez remplacer  la lettre de change par la quantité de lingots que vous voulez jusqu’au maximum que vous avez en banque (50lingots) durant ce transfert aucune banque n’a créé de lingot d’or, c’est la même quantité qui a circulé, avec facilité. C’est-à-dire qu’en France vous n’aurez plus les lingots que vous aurez dépensés en Inde.  Et donc dans le monde il n’y aura pas eu de création de 50lingots par une banque.

De nos jours c’est pareil à quelques différences près, les banques n’utilisent pas majoritairement de l’or pour les échanges, mais des billets de la monnaie des chèques ou simplement des lignes de compte sur un écran. Donc par exemple si aujourd’hui dans ta banque X tu as 50€ en France et que tu pars en Inde, arrivé dans la banque X tu pourras retirer 50€. Si la banque n’a pas ces 50€ elle va créer une ligne de compte où il y aura noté 50€ (dans le débit du bilan vue qu’elle ne les a pas) puis elle va vite aller voir une autre banque (où ces 50€ seront mis au crédit dans le bilan comptable vu qu’elle les aura empruntés à une autre banque comme expliqué avec la piscine plus haut.) Pour résumer la banque aura créé de l’argent (le moyen de faire de l’échange en billet ou ici ligne de compte), mais elle aura en aucun cas, créé la valeur de 50€ qui lui n’a pas bougé. Il n’y a pas eu 50€ de plus, mais seulement un déplacement de liquidité, c’est-à-dire que l’on a retiré la valeur de 50€ dans le compte en France pour le rajouter dans le compte en Inde.  La banque peut à notre époque créer des moyens de règlement / de paiement. Elle ne crée pas la valeur, mais le support. Elle a même le quasi-monopole de création de support de forme scriptural. Ce n’est pas le cas de la monnaie fiduciaire et divisionnaire (billets et pièces) qui ne peuvent être créés que par les Banques Centrales.

Nous arrivons donc au problème de la théorie de Grignon  et de Bankster expliqué dans « l’argent dette ».  Dans cette théorie on mélange et fait un amalgame entre la création du support ou de l’outil argent et la création de la valeur que celle-ci représente.  Différence que j’ai tenté d’expliquer dans le paragraphe précédent.

2° : La finance expliquée de manière plus technique pour approfondir le sujet  : 


1- les banques, des structures d’intermédiations: 
Parmi les différents agents économiques (Etats et administrations, entreprises, ménages), certains dégagent de l’épargne, d’autres ont besoin d’emprunter pour faire face à leurs besoins. Les banques qui servent traditionnellement d’intermédiaire, sont donc des entreprises dont le métier consiste à recycler les capitaux : il s’agit pour elle de collecter des ressources auprès d’agents économiques qui disposent d’excédents, pour les replacer auprès d’autres agents économiques qui sont eux en demande de capitaux. La fonction des banques est donc de transformer l’épargne en financements.
Il faut noter que les banques ne sont pas seules à assurer cette transformation de l’épargne en crédits. Les marchés financiers répondent à la même finalité : les agents qui détiennent de l’épargne peuvent l’investir en prêtant ces fonds à d’autres acteurs, qui en ont besoin.
Une banque, comme toute entreprise, possède un capital apporté par les propriétaires, qui est nommé fonds propres. la banque peut se servir de ses fonds propres pour émettre des crédits ou faire des placements dans la limite du stock disponible. Ces fonds propres étant limités, l’action des banques consiste avant tout à récolter du capital.

2- Origine des ressources:
Comme toutes les entreprises qui ont besoin d‘argent, les banques empruntent.
Une part des ressources provient des épargnants et des déposants qui leur confient directement leurs capitaux, pour une durée plus ou moins longue. Il s’agit de tous les produits d’épargne proposés par les banques (livrets, comptes à terme, etc) et des dépôts à vue.
Ensuite, elles empruntent sur les marchés financiers, d’une part en émettant des titres obligataires dans lesquels investissent des agents économiques, et d’autre part directement auprès d’autres banques commerciales. Ces opérations de crédit entre banques sont effectuées sur un marché spécial, réservé aux établissements financiers : le marché interbancaire.
Enfin, comme nous le verrons, les banques peuvent également s’adresser à la banque centrale.

3-Utilisations des ressources:
Les ressources des banques sont donc de deux types, les fonds propres (argent de la banque) et les fonds empruntés (argent collecté). Elles réinvestissent l’ensemble de ces fonds, essentiellement sous deux formes : des crédits octroyés à leurs clients et des placements sur les marchés financiers.
Comme une banque peut posséder un excédent de trésorerie, c’est-à-dire posséder plus de fond que nécessaire, souvent pour une courte durée, elle peut prêter ce surplus momentané à ses collègues sur le marché interbancaire. L’Intérêt pour une banque commerciale de prêter sur le marché interbancaire, c’est que en temps normale ces crédits à très court termes sont sans risques (ce qui explique que l’opération la plus courante est le prêt interbancaire « en blanc » (non gagée, sans collatéral fourni).
Enfin, il arrive qu’une banque souhaite confier le surplus à la banque centrale, qui les rémunèrent au « taux de rémunération des dépôts ». L’opération est généralement moins rentable que le prêt sur le marché interbancaire mais totalement sécurisée.
Les banques qui sont des entreprises à but parfaitement lucratif dégagent des profits en réalisant cette transformation des capitaux (et aussi en facturant leurs services à la clientèle). Globalement, le principe consiste à se procurer des ressources qui coûtent le moins cher possible et à les transformer en actifs (prêts et placements) qui rapportent le plus possible.

4- Les limites imposées aux banques:
La première limite concerne la proportion d’argent récolté qui peut être prêtée: la question des réserves obligatoires.
On l’a vue, les banques collectent des fonds épargnés et les utilisent ensuite. En réalité, elles ne prêtent pas TOUT l’argent récolté. Nous avons vu précédemment qu’il existe plusieurs formes de produits d’épargne, distinguables par la durée des dépôts. Certains peuvent être contractuellement retirer n’importe quand par le déposant. En euro-zone, les « autorités de surveillances » imposent une règle concernant tous les produits monétaires dont les échéances sont inférieur à 2 ans. Cette règle impose aux banques de conserver un pourcentage de ces fonds disponible, c’est-à-dire de ne pas s’en servir pour leurs opérations. Et pour être sur que la règle soit respectée, le montant correspondant est placée sur un compte à la banque centrale. Il s’agit de ce que l’on nomme les réserves obligatoires. Actuellement (depuis janvier 2012) les
réserves obligatoires sont de 1% des fonds concernés. Cette règle a pour fonction principale de vérifier que les banques sont en mesures de gérer ce que l’on appelle des « fuites ». Pour les banques, la « fuite » principale correspond aux retraits en argent liquide (billets émis par le système de banques centrales). Elle joue aussi un rôle (mineur au regard du pourcentage) dans la politique monétaire en limitant l’utilisation des fonds collectés.
Donc: une banque peut utiliser 99% des fonds collectés ayant une échéance de moins de 2 ans et 100% des fonds collectés ayant une échéance de plus de 2 ans.

La deuxième limite concerne le volume d’argent que les banques peuvent récolter et prêter: la question de la solvabilité bancaire.
Les banques fonctionnent donc en empruntant et re-prêtant ensuite, mais elles ne peuvent pas renouveler l’opération sans limites. Le principe est le suivant: Le total des engagements d’une banque (l’Actif de la banque) peut subir des pertes (non remboursement de crédits distribués ou autres pertes de valeur de ses actifs). Mais il ne s’agit pas que la banque répercute ces pertes sur l’épargne qui lui est confiée et qu’elle s’est engagée à rendre. Si pertes il y a, elles doivent être couvertes par l’argent DE la banque, donc par ses fonds propres (l’épargne accumulée par l’entreprise bancaire et des apports de fonds réalisés par ses actionnaires), la banque peut alors « piocher » dans son épargne pour couvrir ces pertes. Evidemment, les fonds propres d’une banque doivent être proportionnels aux risques qu’elle encoure sur son portefeuille de prêts et sur ses placements financiers.
Les pouvoirs publics, dans leur souci de protéger l’économie d’une défaillance bancaire, imposent aux établissements de respecter un ratio de solvabilité minimum, actuellement 9% . En pratique, la banque fait l’inventaire de ses risques financiers (pertes, dépréciations…) ainsi que ses risques opérationnels (les risques liés à son activité, défaillance du système informatique, malversations…). Chacun de ces risques fait l’objet d’une pondération (en fonction de la probabilité de défaut) et on fait la somme de tous ces risques pondérés pour les comparer au fonds propres.

Cette règle constitue l’essentiel de la limite de l’expansion du bilan d’une banque; la quantité de ressources qu’elle peut récolter (puis utiliser) est limitée par quantité de ses fonds propres. En pratique cela dit, les banques parviennent à gonfler leur actif relativement démesurément au regard de leurs fonds propres réel.
Dans le cas de la Société Générale par ex, les fonds propres réellement sérieux sont de moins de 4% du total de l’actif. On peut parler également d’effet de levier (leverage), pour la SoGen il est de prés de 30, ce qui veut dire la même chose autrement: la SoGen emprunte et re-prête 30 fois ses fonds propres.

5- la complexité du fonctionnement bancaire, le rapport au temps: 
Les banques empruntent d’un coté (le passif) et utilisent l’argent récolté (l’actif), mais les échéances ne sont pas les mêmes des deux cotés: l’argent récolté l’est globalement à plus court terme  que celui qu’elles prêtent. Ce qui implique qu’une banque doit « refinancer » les crédits émis régulièrement.

Une petite image s’impose:
Imaginons que l’on me laisse un billet de 10E pour la journée, durant cette journée je le prête à quelqu’un pour une semaine. Cela m’impose, la fin de journée arrivant, de trouver 10E auprès d’une tierce personne pour les rembourser à celui qui me les a laissé le matin même… et ainsi de suite pour toute la semaine, jusqu’à ce que celui auquel je l’ai prêté pour une semaine me rembourse. Si à un moment donné je ne trouve personne pour « refinancer » ma dette de 10E, les problèmes commencent… Car je me retrouve dans l’incapacité de rendre son argent à la dernière personne qui m’a confié 10 E si celle-ci me le demande.
De là, deux cas de figures:
– soit au terme du crédit long (celui d’une semaine ici) je suis remboursé, je peux donc rendre in fine les 10E que je devais à la dernière personne qui m’a refinancé. Le problème n’était alors qu’un problème de liquidité.
– soit au terme du crédit long, je ne suis pas remboursé, je ne reverrais alors jamais l’argent et ne pourrait pas rembourser la dernière personne. Le problème est alors un problème de solvabilité.

En temps normal, les banques commerciales s’arrangent entre elles pour se refinancer. Concrètement, quand une banque accède à de nouvelles ressources elle doit s’assurer de l’équilibre de son bilan et donc en priorité refinancer ses actifs qui le nécessitent, elle utilise ensuite le reste pour son activité, et enfin, si surplus il y a, le placer sur le marché interbancaire où auprès de la banque centrale.
Il peut cependant arriver qu’une banque soit dans l’incapacité d’équilibrer son bilan, c’est-à-dire qu’elle puisse ne pas parvenir à refinancer ses dettes précédemment émises. Cette situation met la banque en danger, il peut s‘agir -comme on l’a vue- d’une crise de liquidité ou de solvabilité.
Au 19ème siècle les banques centrales ont été créées entre autres raisons pour pallier au premier de ces risques, celui de liquidité: elles sont des préteurs de derniers ressort, quand personne ne peut -ou ne veut- prêter à une banque l‘argent nécessaire à ses opérations de refinancement, les Banques Centrales le font.  Pour prêter un montant de refinancement à une banque commerciale qui le demande, la BCE lui impose de laisser en pension, en collatéral, un montant similaire (en réalité un peu supérieur) en titre (actifs).
Les banques centrales permettent donc un refinancement des dettes émises par les banques commerciales et le taux de refinancement, taux directeur des Banques Centrales, indique à quel taux.
Théoriquement un taux directeur élevé poussent les banques à restreindre leurs crédits car le refinancement de ceux prècedement émis peut être plus difficile. Les masses d’épargne « fraîches » sont alors utilisées pour ces opérations de refinancement et non pour émettre de nouveaux crédits. Toutes les banques connaissant la problématique, une hausse du taux de refinancement pousse à une augmentation des taux interbancaires (type Euribor…). Au contraire, une baisse du taux de refi pousse les banques à proposer plus facilement du crédit sur le marché interbancaire, car elles savent que si elles en ont elles-mêmes besoin, elles pourront le faire à un coût raisonnable auprès de la banque centrale.

6- Système bancaire, création monétaire et circulation monétaire:

Comme nous venons de le voir, les crédits quand ils sont émis par les banques commerciales reposent toujours sur de l’épargne disponible, il n’y a pas de création de valeur par la banque, il s’agit d‘intermédiation. Par contre les mécanismes du refinancement bancaire amène à deux formes de « créations » monétaires:
Lorsque la banque centrale refinance une banque commerciale, la somme sert à équilibrer son bilan, cet argent ne circulera pas dans l’économie. Cet apport rend par contre disponible de l’épargne « fraîche », qui servirait sans l’action de la banque centrale au refinancement, ce qui risquerait de causer un crédit crunch. La banque centrale ne crée pas forcement la somme ainsi prêtée,  elle peut jouer un rôle de marché interbancaire et prêter des sommes préexistantes, qui sont en sa possession. Mais elle peut aussi créer les sommes prêtées, alors toute la question est de savoir si la crise rencontrée par la banque commerciale est une crise de liquidité ou une crise de solvabilité. Si c’est une crise de liquidité la situation peut assez aisément revenir à la normale, bien qu’il faille noter que la masse monétaire globale augmente durant l’opération, ce qui peut entraîner des distorsions monétaires. Si par contre il s’agit d’une crise de solvabilité, les problèmes sont plus importants car les sommes « avancées » par la banque centrale ne seront pas remboursées in fine ce qui peut conduire à un phénomène inflationiste proportionnel aux montants concernés.
Finalement le seul « argent virtuel » du système c’est celui apparaissant sur les comptes des déposants, dont la réalité absolue dépend de certains remboursement. Mais là non plus il n’est pas réellement créé, la preuve étant que si tout le monde souhaite retirer son argent en même temps, la banque se trouvera en incapacité de le faire.


Par le veilleur et Guilaume L.

finance

appendices :


 

Appendice 1 :

 

l’effet de levier, création monétaire ? 

« les banques pouvaient prêter 8 ou 9x le montant des dépôts effectués par leurs clients »

Évidement qu’une banque peut prêter -10 fois même si vous voulez- les dépôts de ses clients!

Prenez une banque d’investissement qui ne joue pas un rôle de banque de dépôts, elle a « zéro dépôts » et pourtant elle prête et place des millions… Mais elle se finance sur les marchés financiers par exemple.

Une banque qui possède 10 de fonds propres peut emprunter et re-prêter pas loin de 200, c’est à dire utiliser un effet de levier de 20 (pour la SoGen c’est près de 30).

Sur ces 200, disons qu’en plus des 10 de fonds propres, elle possède 20 de « dépôts clients »

elle emprunte donc 170 sur les marchés monétaires / interbancaires (elle accède ainsi à 170 d’épargne récoltée par d’autres banques par exemple).
170:20= 8,5

Notre banque a donc prêtée 8,5 fois les dépôts de ses clients… mais n’a rien créé du tout, elle à simplement joué son rôle d’intermédiation.


Appendice 2 :

Relativisation qui ne doit pas faire oublier toute une série de problèmes du type:

– L’orientation des choix d’investissements de plus en plus tournés vers des opérations basés sur des effets de leviers, par exemple la part croissante des financements par les banques des opérations de la famille des LBO. Le choix d’orientation n’est plus basé sur le développement de l’économie réelle, mais sur la recherche de haut rendements (souvent créateurs de risques connexes).

– La proportion de fonds propres:
Au 19ème, le débat faisait déjà rage, certains proposaient 100% de réserve, ce qui veut dire que une banque qui gère 100 de dépots et propose, disons, 80 de crédit doit posséder 80 de fonds propres pour assurer la couverture in fine de potentielles pertes. Aujourd’hui, les fonds propres correspondent à moins de 6% des engagements, dans ce contexte la réalisation d’un risque de crédit ou de contrepartie peut trés vite s’avérer fatale.

-L’utilisation qui est faite des fonds propres:
Ces fonds qui devraient donc assurer la couverture du risque sont aujourd’hui très faibles, mais en plus ils ne sont pas stockés. Les banques s’en servent pour jouer sur fond propre (rappel cas Kerviel: position de 50 milliards prise sur la base des fonds propres, soit 30 milliards à l’époque…)

– La possibilité d’utiliser les créances émises avant le terme de la maturité.
Une banque ne peut avoir la CERTITUDE qu’une créance vaut bien sa valeur faciale qu’à l’échéance du remboursement, elle devrait donc par conséquence conserver dans son bilan l’ensemble de ces créances jusqu’à leurs termes. Le fait que les banques puissent monétiser ces créances et par contre un grand problème qui s’apparente à de la création monétaire.

 

 

Appendice 3 :

Comment une banque monétise ses créances?

– par la titrisation, les créances sont revendues, sorties du bilan et les risques de défaillances sont portés par les (naïfs ?) qui rachètent ces titres. Les sommes issues du rachat viennent en plus compléter le passif des banques et donc leur capacité d’octroi de crédits.

– par le refinancement au guichet de la banque centrale, qui va prêter de l’argent central (utilisable par la banque pour développer ces activités) contre la mise en pension de certains titres/créances éligibles.

– par la mise en pension dans d’autres banques qui vont en échange fournir des liquidités.

Dans ces trois cas le danger -massif- c’est le risque qu’ à terme la valeur de la créance soit en deçà de la valeur faciale et que ces pertes déstabilisent l’ensemble des acteurs de leur circulation (contamination des investisseurs, des banques concurrentes et de la banque centrale.)

 

Appendice 4 :

Je remarque une tendance à confondre SUPPORT monétaire et ORIGINE monétaire ; je m’explique :


La seule « vrai monnaie ayant une réalité matérielle » est celle qui correspond à une représentation monétaire d’un travail RÉALISE, la fausse étant celle qui correspond à une reconnaissance de dette, donc qui est la représentation monétaire d’un travail A RÉALISE, une reconnaissance de dette ne vaut sa valeur faciale qu’à l’échéance du remboursement.

Résumons-nous par une analogie

Si je travail 3 heures dans un potager et qu’en guise de salaire je sois payé 1 courge, cette courge est un salaire tangible que je peux consommer ou épargner. Si je fais le choix de l’épargner et que n’en ayant pas besoin immédiatement, j’accepte de la prêter à une personne qui m’en rendra une similaire dans disons 3 mois, je me retrouverai en possession d’une reconnaissance de dette avec écrit « courge ». De la même manière qu’il m’aurait été possible d’échanger ma courge « physique » contre des tomates, je peux échanger ma reconnaissance de dette « courge » contre des tomates. Si les deux permettent l’échange (on peut alors parler de monnaie), vous comprenez bien que ces deux monnaies n’ont pas la même ORIGINE. L’une est « solide »l’autre « spéculative »

Le SUPPORT, qu’il soit scriptural ou fiduciaire ne change rien à l’affaire. Et pour cause une entreprise peut payer un salaire en monnaie scripturale, il s’agit pourtant bien d’un argent « vrai » ; par contre une banque centrale peut émettre de la monnaie fiduciaire sans contrepartie « physique ».

Sur l’argument : « la monnaie créée par les banques commerciales représente environ 4 fois la base monétaire (monnaie banque centrale). » (Cela apparaît clairement dans le graphique que vous trouverez dans ce billet : http://ecodemystificateur.blog.free…)

L’importance donnée aux réserves fractionnaires (réserves obligatoire dans le cas de la BCE)
Cette demande qui est faite aux banques ne joue que de manière très marginale sur leur politique d’émission de crédit. Il s’agit là aussi d’une problématique essentiellement basée sur la seule question du SUPPORT monétaire. La BCE demande donc aux banques de déposer une part (infime) de leurs dépôts clients à son guichet pour s’assurer de la possibilité des clients de la banque d’avoir accès à des moyens de paiement de type fiduciaire.
Pourquoi ? Par ce que c’est un droit des clients et que les banques y rechignent (en raison des frais que cela engendre, entretien des DAB, salaire des guichetiers…), beaucoup de frais pour pas grand-chose, elles préfèrent –on l’a bien compris- les paiements par cartes par exemple…

Appendice 5 :

Quelle proportion les fonds propres doivent ils représenter des engagements de la banque ?

(engagements= crédits, achat de titre ou de participation…), c’est-à-dire quelle part de ses engagements une banque peut voir partir en fumée en couvrant les pertes par ses ressources propres (principalement ses actionnaires) sans mettre en péril l’argent des déposants, qui si il est prêté dans sa quasi-totalité ne peut supporter d’être perdu.

Si on demande une réserve de 100% (exemple : 80 d’engagements et donc 80 de fonds propres), deux choses, soit ça limite considérablement la capacité d’investissements, soit ça amène à des banques aux fonds propres gigantesques, de vrais monstres.
Alors le débat est posé, quel ratio de solvabilité ?

les réponses on les connaît : ratio Cooke et ratio Mc Donough. Et on peut continuer à en discuter, mais reste que ça détourne habilement le débat de deux questions essentielles :
Quelle prise de risque dans le cadre des engagements bancaires et quels choix d’orientation de l’investissement ?

Réponse : Prise de risque maximum (en considérant qu’à chaque risque correspond une couverture) et choix d’orientation défini par la recherche de rendements les plus élevés, le premier point justifiant le deuxième.

Donc aujourd’hui les banques accumulent les abus, très faible ratio de solvabilité, prise de risque maximum (sympathique mélange) et investissements préférant la logique du capital à celle du travail (le financement d’effet de leviers pour des prises de positions spéculatives ne profite pas vraiment à l’économie réelle).

Le débat qui reste à élucider est donc : effectivement il y a une décorrélation entre les DÉPÔTS et les ENGAGEMENTS et une banque peut prêter plus qu’elle ne possède de dépôts, dans la limite du respect de son ratio de solvabilité. Mais alors me direz-vous, elle crée bien la différence ! Je ne crois pas pour la simple raison que l’on constate que cette différence est rattrapée par l’endettement de la banque auprès des investisseurs ; pourquoi emprunté des milliards qui pourraient être créés ?

 

Appendice 6 :

Dans le cas du multiplicateur, comme dans celui du diviseur, ce sont les crédits qui font que la banque par octroi de crédits crée la monnaie bancaire.

La procuration de masse centrale se fait sous 2 formes: billets et comptes créditeurs. En modulant cette création de monnaie centrale, la Banque Centrale peut influencer la création de monnaie des banques, cette analyse du multiplicateur met en lumière, le rôle créateur de monnaie des banques. Cette création n’apparaît pas dans leur comportement individuel. Il transparaît dans le processus d’expansion monétaire globale.

Chaque banquier ne prête qu’en fonction de ses ressources, mais ces dernières proviennent des crédits consentis par les autres banques à leur client. C’est globalement que le système bancaire crée de la monnaie. Cette analyse du multiplicateur a également montré que l’importance de l’expansion monétaire dépend du comportement des agents non financiers et elle montre encore le rôle des autorités monétaires, lesquelles font varier le coefficient multiplicateur en ajustant le taux de réserve.

Mais le multiplicateur reste une explication partielle de la création de la monnaie. Si on suit la logique de ce mécanisme, à l’origine de la création monétaire, il y a une opération de banque centrale qui augmente les encaisses. Les agents non financiers accroissent alors leurs dépôts et les banques réagissent à l’accroissement de leurs ressources par la création de monnaie. Ceci minimise le rôle des banques et fait l’abstraction du comportement bancaire.

Les banques réagissent aux variations du taux d’intérêt parce que de lui dépend le caractère avantageux ou non des conditions de crédits. L’activité de crédit n’est pas un simple résultat automatique de trésorerie bancaire, c’est pour suivre la demande de la clientèle que les banques accordent des crédits. Elles peuvent alors se procurer de l’encaisse monétaire en mobilisant leurs ressources. C’est plus la création de monnaie qui contraint les banques à recourir à la monnaie centrale que l’inverse. Les banques disposent rarement d’un encaissement préalable disponible. « 

http://playmendroit.free.fr/economi…

Appendice 7:

débat sur la création monétaire :



 


Explication du processus de la globalisation (qui centralise peu à peu l’argent dans les mains d’un petit groupe.


certain disent l’agent ne fais pas le bonheur… demandons alors à un inconnu comment il voit la société.