Archive for Platon

Platon (427-347 avant J-C)

// octobre 10th, 2010 // No Comments » // Platon

Voici le second grand philosophe grec de l’Antiquité faisant partie du fameux trio : Socrate, Platon, Aristote.

Platon fut le disciple de Socrate durant sa jeunesse. Il avait 29 ans quand Socrate fut condamné à mort et il suivit son procès de très près. Le fait qu’Athènes puisse condamner à mort l’homme le plus éminent de la ville le marqua à tout jamais et influença beaucoup son orientation philosophique. Cela mettait en évidence, pour Platon, le fossé qui sépare ce qui est idéal, ce qui est juste et les principes de la société de l’époque.
Un des rôles des philosophes est de réduire ce fossé. C’est ce que Platon tenta de faire. Il créa une académie qui enseignait la philosophie, les mathématiques et la gymnastique. C’est sûrement grâce au fait que cette académie était située en dehors d’Athènes que la plupart des écrits de Platon ont été conservés. Son académie ne fonctionnait pas du tout comme les écoles d’aujourd’hui : les cours se donnaient dans des jardins qui portaient le nom du héros grec Académos (d’où le nom Académie). La manière d’enseigner que préférait Platon était le débat d’idées, aussi choisit-il comme style littéraire privilégié le dialogue.

A quoi s’intéressait Platon ?

On peut plus ou moins dire qu’il s’intéressait aux rapports entre ce qui est immuable et ce qui est éphémère. Les sophistes pensaient que la notion de bien et de mal était relative et qu’elle pouvait donc changer en fonction de l’époque. Socrate et Platon n’acceptaient pas cette conception, ils étaient convaincus qu’il existait certaines règles intemporelles, immuables concernant le bien et le mal.
Et selon eux, en utilisant notre raison correctement, il nous serait possible d’atteindre ces vérités fondamentales car la raison a elle aussi un caractère immuable et éternel.
Platon essayait d’appréhender ces vérités intemporelles dans différents domaines (nature,morale,vie sociale etc.).

Le monde des idées

Démocrite a constaté par sa réflexion que tout est soumis au changement mais qu’il devait y avoir certaines substances à la base de tout, qui elles ne changeaient jamais : les atomes. Platon était d’accord mais apporta à cette théorie un élément nouveau. Selon lui, tout ce qui est tangible dans la nature est soumis à l’épreuve du temps, susceptible de se transformer, de se dégrader et de disparaître. Mais tout est fait d’après des “ moules ” intemporels, éternels et immuables.
En effet, on peut constater que toutes les girafes ont énormément de points communs. Elles sont toutes amenées un jour à disparaître individuellement mais le moule de la girafe, lui, ne disparaît pas.

Platon explique ici pourquoi les atomes de Démocrite, qui eux aussi continuent d’exister après la mort de la girafe, ne vont jamais créer un être hybride qui serait moitié girafe moitié éléphant.
Platon soutenait qu’il existe une autre réalité que ce que le monde des sens nous transmet : le monde des idées. Les atomes, après leur libération du corps qu’ils formaient, vont être ré-agencés selon un modèle bien précis que la nature a façonné et que nous pouvons atteindre par la réflexion.
Mais malheureusement, tout ce que nous pouvons voir n’est, selon Platon, que de pâles représentations du moule primordial. Le fait que des gâteaux que l’on ferait avec un même moule de girafe seront tous un peu différents et moins parfaits que le concept de la girafe en est un exemple.

La théorie des idées peut s’illustrer par une métaphore très claire : c’est comme si chaque être humain vivait derrière un voile. Il y aurait un feu de l’autre côté de ce voile et chaque chose extérieure à nous évoluerait entre le feu et notre voile. Tout ce que nous pouvons apercevoir n’est que l’ombre de ces choses projetées sur le voile. L’image ombrageuse du voile peut être plus ou moins assimilé à la perception de chacun, à ce que les sens nous transmettent. Nos sens modifient les choses, nous n’apercevons qu’un simulacre de réalité.
Platon essayait de voir les éléments derrière le voile pour appréhender comment sont les choses véritablement. Selon lui, à l’inverse de nos sens, la raison nous permet d’atteindre ces vérités.

L’âme selon Platon

Platon distinguait deux mondes totalement différents : le monde des sens et le monde des idées. Le premier monde concerne tout ce que nous pouvons appréhender grâce à nos cinq sens, comme la matière, le son, tous les phénomènes naturels, etc. Nous n’avons qu’une approximation imparfaite de ce monde car les sens sont trompeurs et ne reflètent pas exactement la réalité. De plus, ce monde est voué au changement. Rien n’y est permanent ou immuable.

Le deuxième monde nous permet, grâce à notre raison, d’atteindre la vraie connaissance. Le monde des idées est inaccessible pour nos cinq sens, seule la pensée peut l’explorer. Platon pensait qu’on pouvait aussi distinguer deux parties chez l’homme dans le même ordre de différences : nous avons un corps matériel lié constamment à nos sens. Il est éphémère et soumis à des changements. Mais nous avons aussi une âme immortelle qui est le siège de la raison. C’est parce que notre âme n’est pas matérielle qu’elle peut voir le monde des idées.

Platon émit encore d’autres idées qui ont sûrement beaucoup influencé les fondements de notre civilisation. Par exemple : l’âme aurait existé avant de venir habiter un corps. Il pensait que les âmes évoluent dans le monde des idées et qu’elles côtoient tous les modèles parfaits. Mais dès que l’âme se réveille dans un corps humain, elle oublie toutes ces idées parfaites.
Puis, au fur et à mesure que nous appréhendons les choses avec notre sensibilité, un vague souvenir ressurgit de notre âme et peut nous permettre de retrouver ces concepts parfaits.

Platon divise aussi l’âme en trois parties:

  • le “nous” ou logismos correspond à ce qui est rationnel ;
  • le cœur ou le thumos concerne le courage, l’emportement, parfois la colère…
  • l’élément concupiscible ou l’épithumia, est le siège du désir, des passions.


Le “nous” est pour Platon la composante la plus noble de notre âme. La seconde doit être au service de la première pour être bénéfique et pour parvenir à maîtriser la troisième qui, à ses yeux, mène irrémédiablement aux vices. A chacune de ces parties est associée une vertu qui nous permet de tirer la quintessence de nos composantes : la sagesse, le courage et la tempérance auxquelles doit s’ajouter, à tous les niveaux, la justice.

Vision politique de Platon

Parmi les nombreuses choses que Platon nous a laissées, nous pouvons citer son modèle de l’état idéal. Il prône une république gouvernée par des philosophes et se réfère au corps pour l’argumenter.
Comme pour l’âme, Platon le divise en trois parties : la tête, le tronc et le bas du corps. La tête est le siège de la raison, le tronc celui de la volonté et le bas du corps celui des envies. Les même qualités que celles de l’âme y sont associées : la raison doit se donner pour but la sagesse, la volonté doit faire preuve de courage et il faut brider les désirs pour que l’homme fasse preuve de mesure. Il n’y a que lorsque ces trois parties fonctionnent correctement pour former un tout que nous avons affaire à un homme “harmonieux” selon Platon.

L’état étant une entité “humaine”, il doit fonctionner de la même manière. Chacun doit y être à sa place et remplir un rôle adéquat pour former un tout harmonieux. Les philosophes, par la raison, doivent gouverner ; les ouvriers, paysans doivent travailler et les guerriers doivent défendre. On constate une certaine déviance totalitaire dans sa conception de l’état…

Pour l’éducation, les enfants doivent d’abord apprendre à contenir leurs désirs puis à augmenter leur courage et enfin, des études poussées, principalement scientifiques, développent leur raison. Il fut le premier à prôner des jardins d’enfants et des écoles communales. Selon lui, l’éducation est une chose bien trop importante pour la laisser à l’appréciation de chacun.

Platon place la femme au même niveau que l’homme ce qui est rare pour l’époque. La raison est le plus important ; hommes et femmes en sont tous deux dotés. Donc, si nous interdisons aux femmes les études et les postes de dirigeants, nous perdons une moitié de la composante la plus noble. L’harmonie serait donc anéantie. Malheureusement, ses idées trop avant-gardistes pour l’époque connurent un échec au point de vue politique.

Remarque :
Les idées de Platon ne doivent pas être assimilées sans esprit critique. Il faut les remettre dans leur contexte. Ses principes ne sont pas absolus d’ailleurs : un de ses élèves, Aristote, les critiqua et les adapta à ses croyances. Néanmoins, Platon nous a apporté matière à réfléchir, ce qui est au fond bien plus important que de nous convaincre de ses théories.

source : www.esraonline.com

Qui suis-je ? La métaphore de la diligence.

// octobre 9th, 2010 // No Comments » // Platon

Pour le comprendre, nous allons nous servir d’une image que nous trouvons aussi bien chez Platon que dans les Upanishads, ces textes sacrés de l’Inde. Tu y es comparé à un attelage : la diligence avec ses roues et son habitacle représente ton corps (plan physique) ; les chevaux désignent tes passions stimulées par tes sens ( plan émotionnel) ; le cocher correspond à ta raison gouvernant tes pulsions ( plan mental) : quant au voyageur à l’intérieur de la voiture, il indique la destination de périple et il symbolise ton centre profond donnant sens à ta vie ( plan spirituel). Voici la description de la Katha Upanishad : « Sache que le Soi, le noyau de l’être, est le chef de la diligence, le voyageur à l’intérieur du char, et que le corps est le chariot. Sache que l’intellect est le cocher et que les chevaux représentent les sens. Les objets sensibles, tel est le terrain de leur course. »
Dans cette métaphore, l’existence se présente comme un voyage. Pour qu’il soit réussi, tu dois respecter ces quatre plans de l’être. Chacun est important pour parvenir à bon port. Si les roues ou le bois de la diligence sont en mauvais état, tu n’iras pas loin : entretiens ton corps ! Sans la fougue des chevaux, tu feras du surplace : nourris tes passions ! Etsi le cocher ne dirige plus ses purs-sangs et qu’ils se mettent à tirer dans toutes les directions, tu risques l’accident fatal :« sois donc maître de tes sens ! »précise Upanishad. Quant au voyageur, s’il est relégué aux oubliettes, tu ne sauras pas où aller et tu te perdras : découvre ton centre profond pour orienter ta vie !
Le voyageur doit donc être nourrit de grands textes littéraires, notamment poétiques ou sacrés. Ils exposent en effet les grands enjeux du voyage de la vie. A toi d’intégrer à partir d’eux ce qui correspond à ta nature essentielle. D’où l’importance de prendre connaissance des valeurs qui ont guidé l’humanité au fil du temps. Privés d’informations sur les idéaux philosophique ou religieux qui ont orienté des millions d’Hommes, tu risques bien de restreindre tes options à des types de looks, d’émissions TV ou de vedettes. Et c’est justement ce que veut le système en te poussant à surfer sur des futilités qui sont pour lui très rentables.

par: Le Veilleur