La psychanalyse de Jung
// novembre 17th, 2010 // No Comments » // psychologie spirituelle
» Rien n’est jamais acquis définitivement dans l’ordre humain, mais chaque fois qu’un individu exécute un pas en avant, c’est l’Homme qui avance. »
C.G.Jung
L’analyse de la psyché, vue par Jung.
Contrairement à Freud, l’approche de la psychanalyse de Jung ne se limite à la libido. Pour autant, la psychanalyse de Freud et de Lacan explique très bien le psyché d’un sujet au niveau individuel.
Rappelons la définition du mot psychanalyse, mot inventé à la suite des études menées par Freud : comme son nom l’indique, c’est l’analyse de la psyché dont la définition : ensemble des processus psychiques sur le fond desquels s’établit l’unité personnelle ou, dit d’une autre manière,étude des principes psychiques universels conduisant au processus d’individuation. Cette analyse doit se faire pour Jung dans le cadre d’une étude exhaustive des mécanismes et des fondements de la psyché et non limités au travail sur un individu à travers le langage pour Lacan ou le concept de libido pour Freud (en simplifiant les 2 grands maîtres de la psychanalyse. )
L’étude de la psyché Humaine, selon Jung, s’effectue à différents niveaux. Le niveau le plus inférieur, le niveau fondamental sur lequel repose toutes les strates de la psyché est l’inconscient collectif. Le second niveau est celui qui nous met directement en relation avec le monde qui nous entoure et que l’on appelle le conscient. C’est un processus d’adaptation à l’environnement dans son expression la plus exhaustive. C’est aussi là que l’on peut retrouver l’inconscient individuel de Freud ou Lacan. Puis le niveau supérieur de la psyché nous amène sur des plans de conscience supérieure et, pourrait-on dire universels, puisque ceux-ci, que le sujet en soit conscient ou non, le baignent dans les limbes de la conscience cosmique. On parle de la supraconscience.
Les divisions de la psyché en trois éléments sont donc : l’inconscient collectif, le conscient et la supraconscience
L’inconscient collectif est, en quelque sorte, la mémoire commune à toute l’humanité. Elle se forme tout au long des différents cycles de l’évolution de l’ensemble des civilisations et tribus qui ont peuplé la Terre. L’on parle d’inconscient parce que celui-ci ne s’exprime pas, ne se manifeste pas directement. On peut retrouver cette dimension à travers des mythes, des légendes, ou des archétypes. L’inconscient collectif représente une strate beaucoup plus profonde que l’inconscient individuel, qui permet à l’individu de se relier à l’Humanité.
pour expliquer la différence avec l’inconscient personnel Jung expliqua : « Au contraire de l’inconscient personnel, l’inconscient collectif n’est pas le fait de contenus individuels plus ou moins uniques, mais de contenus universels qui apparaissent régulièrement. Les contenus de l’inconscient collectif constituent comme une condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux. [...] L’inconscient collectif contient l’ensemble de l’héritage spirituel de l’évolution de la race humaine, évolution reproduite dans la structure cérébrale de chaque individu. »
Le conscient et inconscient personnel. Sous-jacent aux éléments conscient de la psyché et à la conscience elle même, le substrat des souvenirs, des sentiments des émotions et des comportements individuels oubliés ou refoulés mais de manière intentionnelle appartiennent à l’inconscient personnel. La société nous pousse chaque jour à ne concevoir que cette partie de l’inconscient ( et encore remis régulièrement en question). La qualité et le niveau des études de notre scolarité ne sont pas des avantages pour comprendre la vie universelle. Ils pourraient même être des obstacles pour les doctorants, les scientifiques, tant les présupposés cartésiens sont poussé à leur paroxysmes.
La supraconscience n’est pas exprimée en ces termes par Jung. Elle est cependant suggérée en tant que telle dans ses ouvrages. Ce vocable est, par contre, utilisé par les cabalistes.
Dépassant le formatage institutionnel, l’être humain dégagé du carcan éducatif, social ou religieux, pénètre alors dans des dimensions inconnues du simple mortel. ce niveau suggère qu’une vibration cosmique est à l’origine du Tout. Néanmoins cette image anthropomorphique de la réalité cosmique (tout est vibration et énergie) permet une projection sur laquelle l’humanité peut se fixer pour aller vers la perfection.
L’aspect Jungien de la psychanalyse n’exclut donc pas le travail de Freud et de Lacan mais le complète en ajoutant à la psychologie personnelle, très bien expliqué par Freud, Lacan et ceux qui ont repris leurs travaux, le champ d’investigation de la psyché à une échelle universelle, c’est-à-dire en se rapprochant des fondements de l’être, en tant qu’individu, qui évolue non plus dans une société qu’il voit pour seul modèle mais, au contraire, dans une approche universelle, Nous nous rapprochons donc d’une approche métaphysique de l’étude de l’être humain en tant que partie d’un Tout dont il justifie l’existence. C’est l’approche voulue par Jung, et, c’est de cette manière qu’il se distingue des autres écoles ayant pour sujet l’étude de la psyché. Par cette analyse l’humanité pourra entrevoir la logique individuelle et universelle.
Outre les différents aspects de la conscience, Jung s’intéresse à la personne dont l’origine latine persona signifie masque. Il souligne combien, dans notre société, l’individu revêt le masque profitable à chaque situation. Dans l’exemple qu’il donne, le cordonnier ne peut pas être en même temps poète et encore moins revêtir la tenue du pasteur, ne fusse que pendant les offices. La vie est une pièce de théâtre où chacun, à un moment donné de la journée, s’affuble du masque correspondant.
« Ces identifications avec le rôle social constituent d’ailleurs une source abondante de névroses »
C. G. Jung
L’individu est donc conscient du rôle qu’il joue dans la société et il s’applique à l’incarner au détriment de sa vraie nature qui passe en arrière plan. D’ailleurs, seuls ceux qui font un réel travail sur eux-mêmes connaissent leur vrai Moi.
La découverte du Soi est encore plus ardue. Elle nécessite un réel abandon, pour l’être humain, de l’ego ; personnalité qui fragmentent l’individu en une multitude de facettes auxquelles le Mois’identifie journellement. Dans la vie privée, lorsque l’inconscient (l’anima) reprend les rênes de la personnalité(persona), tous les traits créé socialement, lié donc à une société ou une structure s’estompent pour laisser place, au véritable être qu’est la personne.
Dans l’exemple ci dessous, c’est l’anima qui s’oppose à la persona, selon les termes utilisés par Jung. Il nous précise :
« On comprend que l’anima, le pôle opposé à la persona, persiste reléguée dans l’obscurité la plus totale, dans une nuit impénétrable à la conscience. »
Jung fait ici référence à cette opposition tragique des contraires existant entre l’intérieur et l’extérieur, ce à quoi tout être humain est confondu et doit faire face. De cette opposition naît l’énergie inhérente à tout processus vital, de fait, elle est inéluctable pour l’autorégulation. L’être humain est donc contraint, par ce phénomène, à trouver en lui-même l’équilibre, l’harmonie sur laquelle il doit rester accordé. C’est le déséquilibre de ces forces qui favorise la maladie, qu’elle soit psychique ou physique. D’ailleurs, le plus souvent, les deux sont intimement liés.
- Le Soi, c’est l’Esprit immortel qui anime chacun de nous en tant que fragment de l’Esprit universel. Certaines traditions parlent de l’âme. En Asie l’on préfère parler du Soi auquel, après de multiples incarnations, l’être humain doit s’identifier une fois dépouillé des différentes enveloppes qu’il revêt durant le cycle de ses vies terrestres.
- Le Moi, quant à lui, est la personnalité passagère, éphémère, que l’individu incarne lors de chaque passage dans le monde de la matière sensible que nous nommons, sans doute à tort, monde du vivant. Car tout est vie, qu’elle soit ou non incarnée. Le Moi disparaît avec la mort (physique) de l’individu, tandis que l’Esprit, le Soi, perdure.
Le Soi est occulté par le Moi qui lui-même est enveloppé dans la persona à laquellel’individu s’identifie durant la vie terrestre au sein de laquelle il s’adapte. En tant que Moi , il représente un fragment de la conscience universelle.
Le but ultime de la vie pour Jung, qui rejoint ainsi les différentes philosophies asiatiques, est de se débarrasser de ces multiples enveloppes que tout individu possède durant ses multiples incarnations mais, précise-t-il :
« Pour ce qui est de l’anima (1), par contre, on ne parvient à se différencier d’elle qu’au prix des plus grandes difficultés et des plus grands efforts, pour la bonne raison précisément qu’elle est invisible et difficilement discernable. »
(1) Jung, en parlant de l’anima, fait ici référence à l’inconscient.
« Ce que nous n’avons pas voulu savoir de nous mêmes nous revient au visage comme destin. »
C.G.Jung
Par Le Veilleur


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