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Téléphone portable: Danger ?

// octobre 10th, 2010 // No Comments » // portable: Danger ?

Les téléphones portables sont sources de rumeurs et déclenchent un débat passionné autour de leurs dangers potentiels.

Le portable souffle le pop-corn

Faux

Vous l’avez sans aucun doute déjà vu sur la toile. La vidéo fait fureur et montre quatre téléphones disposés autour de grains de maïs pop-corn qui sautent. On a ainsi l’impression que les ondes émises chauffent les grains jusqu’à les faire cuire. Et pourtant, c’est un truquage !. En effet quand il sonne, le portable émet une énergie inférieure à 1 W, largement insuffisante pour faire grimper la température à 180°C, nécessaire pour cuire le maïs pop-corn.

Le portable agresse…les tomates

Vrai

L’équipe du Professeur Gérard Ledoigt, de l’Université Blaise Pascal de Clermond-Ferrand a réalisé une étude sur la réaction des plans de tomate soumis à des ondes électromagnétiques de 900 MHz, de l’ordre de celles émises par les téléphones portables. Conclusion : dix minutes d’exposition ont suffi pour que le végétal sécrète des molécules du stress. « La plante s’est comportée comme si elle était agressée. Or, son fonctionnement cellulaire est assez semblable à celui des hommes » affirme le Professeur Gérard Ledoigt (1). Déjà en 2006 et en 2007 deux études finlandaise et américaine avaient montré des variations dans l’expression de gènes de cellules humaines ainsi qu’un phénomène de déclenchement de gènes associés à la mort cellulaire (2 et 3).

Le portable perturbe le matériel médical

Vrai

Eteindre son téléphone dès que l’on entre dans un hôpital ou une clinique est-il devenu un réflexe ? Ca devrait puisque l’on sait que les ondes électromagnétiques perturbent les appareils comme ceux qui servent aux dialyses et aux respirateurs. Ces ondes peuvent également entraver le bon fonctionnement des fauteuils roulants électriques et des appareils radio des avions.

En effet, le docteur Erik Van Lieshout, médecin au service de soins intensifs du centre médical de l’Université d’Amsterdam et son équipe ont testé les effets de des signaux sur une soixantaine de dispositifs médicaux. Verdict : près de la moitié d’entre eux voyaient leur fonctionnement perturbé par les interférences électromagnétiques (4).

Le portable chauffe l’oreille

Vrai

Les ondes qu’il envoie pour se connecter aux antennes relais génèrent un effet thermique proportionnel au temps que dure la conversation. Cet échauffement local vient aussi du fonctionnement de la batterie et des circuits électriques. L’élévation de la température relevée est d’environ 0,3°C sur la peau et de 0,1°C au niveau du cerveau.

La batterie du portable est explosive

Faux

En 2004, des usagers de portables Nokia avaient été blessés superficiellement par des explosions de batteries et en 2005, un accident plus grave avait amené les médecins à amputer d’une jambe un utilisateur qui téléphonait à proximité d’une ligne de haute tension. Mais l’enquête a révélé que les batteries en cause étaient mal conçues notamment pour des anciens modèles de téléphones bas de gamme. En 2007, un ouvrier chinois de 22 ans était mort des suites de blessures causées par l’explosion de son portable. Les experts avaient décrété qu’un défaut de fabrication ou une exposition à des températures très élevées pouvaient provoquer des explosions. En dehors de ces cas particulier, les batteries de portable ne sont pas explosives à condition de les acheter chez un vendeur agréé.

Le portable peut rendre sourd

Vrai

En tout cas chez les personnes qui ont déjà des problèmes et qui portent des appareils auditifs. En effet, les ondes de portables provoquent des interférences avec les sonotones qui peuvent entraîner des sifflements et des bourdonnements. De plus, il est recommandé aux porteurs de pacemakers, de pompes à insuline, ou de neurostimulateurs, d’éloigner le plus possible le téléphone de leurs appareillages.

L’oreillette sans fil est dangereuse

Faux

L’oreillette Bluetooth utilise un réseau sans fil de faible portée qui émet des ondes 100 fois inférieures à celles des téléphones. Selon Daniel Oberhausen, professeur de physique et membre de l’association Priartem (Pour une réglementation des implantations des antennes relais de téléphonie mobile), elle serait beaucoup moins dangereuse que d’autres gadgets censés limiter l’exposition aux ondes.

Les enfants sont plus vulnérables

Vrai

En 2006, une étude brésilienne avait montré que le cerveau des enfants absorbe 60% de rayonnements électromagnétiques de plus que les adultes. Nos chères têtes blondes sont plus sensibles car leur cerveau est plus petit et leurs os crâniens plus minces. De plus, le développement de leur système nerveux n’est pas complètement terminé. Une étude publiée dans la revue Epidemiology a montré que les enfants exposés aux portables avaient 80% de risque en plus de souffrir d’hyperactivité et de troubles du comportement (5).

Chez les adolescents, si l’envoi de textos semble moins nocif, un abus peut entraîner cependant des troubles du sommeil et des douleurs aux articulations. En Espagne et en Angleterre, de nombreux cas d’adolescents passant leur nuit à « textoter » ont été repérés souffrant de ces troubles.

De manière générale, les experts recommandent de ne pas laisser les enfants de moins de 12 ans utiliser les téléphones portables.

Le portable est mortel sur les routes

Vrai

Parce qu’il modifie le comportement du conducteur, le téléphone est dangereux et est à l’origine de nombreux accidents. Selon l’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité), le portable au volant entraîne une baisse de la vigilance, une modification du champ visuel et une diminution de la surveillance de la périphérie et du contrôle des rétroviseurs (6). Enfin, les conducteurs peuvent soudainement changer de trajectoires et varier leur vitesse, devenant de vrais dangers publics.

Le portable attire la foudre

Vrai

Une publication britannique de la revue British Medical Journal fait état d’une jeune anglaise foudroyée et gravement blessée alors qu’elle téléphonait dans un parc londonien. En 2000, c’est un français se promenant au Jardin des Tuileries qui a été foudroyé, son téléphone faisant office de relais métallique à la foudre (7).

(1)Roux D, Vian A, Girard S, Bonnet P, Paladian F, Davies E, Ledoigt G. High frequency (900 MHz) low amplitude (5 V m(-1)) electromagnetic field: a genuine environmental stimulus that affects transcription, translation, calcium and energy charge in tomato. Planta. 2008 Mar;227(4):883-91. Epub 2007 Nov 20.

(2) Nylund R, Leszczynski D., Mobile phone radiation causes changes in gene and protein expression in human endothelial cell lines and the response seems to be genome- and proteome-dependent., Proteomics. 2006 Sep;6(17):4769-80

(3) Zhao TY, Zou SP, Knapp PE., Exposure to cell phone radiation up-regulates apoptosis genes in primary cultures of neurons and astrocytes., Neurosci Lett. 2007 Jan 22;412(1):34-8. Epub 2006 Dec 21

(4) Erik Jan van Lieshout, Sabine N van der Veer, Reinout Hensbroek, Johanna C Korevaar, Margreeth B Vroom, Marcus J Schultz, Interference by new-generation mobile phones on critical care medical equipment, Critical Care 2007, 11:R98 (6 September 2007)

(5) Divan HA, Kheifets L, Obel C, Olsen J., Prenatal and postnatal exposure to cell phone use and behavioral problems in children, Epidemiology. 2008 Jul;19(4):523-9

(6) Inrets, Téléphoner ou conduire, il faut choisir, Les fiches de l’Inrets, n°21, 2003

(7) Swinda Esprit, Injury from lightning strike while using mobile phone, Letter, BMJ, 2006;332:1513 (24 June), doi:10.1136/bmj.332.7556.1513-b

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Quels sont les dangers des téléphones portables? Si les risques ne sont pas encore bien connus en revanche, des effets tels que certains cancers de la région de la tête et du cerveau ont été identifiés.

Les principaux risques liés à l’utilisation du téléphone portable seraient la formation ou l’augmentation de la taille de certaines tumeurs au niveau de la tête et du cou ainsi que des lésions de l’ADN. Ces effets seraient dus à une pénétrance de 20 à 30% des champs électromagnétiques émis par les téléphones et absorbés par le cerveau. Le Centre international de recherche sur le cancer a d’ailleurs classés comme pouvant être cancérogènes des champs électromagnétiques de très basse fréquence. Mais les conclusions des études réalisées jusqu’ici sont controversés puisque la majorité des chercheurs s’accordent à dire qu’il est très difficile d’interpréter les résultats. En effet, le nombre de malades est très faible par rapport à la population, les études ne vont pas au-delà de 10 ans d’observation. Enfin, ces affections existaient avant l’utilisation massive du téléphone portable dans les années 1990 et avaient surement d’autres causes (1). En voici cependant un résumé.

Le cancer de la parotide

En 2004 et en 2006, deux études suédoises avaient avancé qu’il n’existe pas de lien significatif entre le risque de développer un cancer des glandes salivaires et l’exposition sur deux ans aux téléphones portables (2 et 3). En revanche, plus récemment en 2008, une équipe de chercheurs menée par le docteur Siegal Sadetzki de l’Université de Tel Aviv en Israël a montré que la population israélienne qui use beaucoup du téléphone portable a deux fois plus de risque de développer un cancer des glandes salivaires que les israéliens qui n’en font pas usage. « L’étude de cette population, fortement et rapidement convertie à la technologie des mobiles, a permis de montrer que le téléphone portable est associé à un risque de cancer » précise le docteur Siegal Sadetzki. Elle conclut en affirmant que « la question n’est pas de mettre en cause l’utilisation des mobiles mais plutôt la manière dont on en fait usage » (4).

Les neurinomes

Les neurinomes atteignent chaque année environ 15 personnes sur 100.000. Ce sont des tumeurs bénignes des nerfs périphériques, crâniens et rachidiens. Ils sont formés par les cellules qui produisent la gaine de myéline qui recouvre les fibres nerveuses. En 2007, les chercheurs d’Interphone, étude internationale initiée en 1999, ont publié dans le British Journal of the Cancer une étude qui montre qu’ « il n’existe pas de risque de neurinome acoustique après 10 ans d’utilisation. Toutefois, une augmentation du risque à plus long terme ne peut pas être écartée ». C’est ce que pense aussi une équipe de chercheurs suédois « par rapport aux autres maladies, cette affection du nerf optique serait la plus risquée à long terme, c’est-à-dire après 10 ans d’utilisation quotidienne du portable » (5 et 6).

Les méningiomes

Tumeurs du cerveau qui sont la plupart du temps bénignes, qui se développent lentement depuis les méninges et qui peuvent devenir maligne. Les études menées dans le cadre d’Interphone n’ont pas montré de risque significatif de méningiomes jusqu’à 10 ans d’utilisation (1 et 5).

Les gliomes

Les gliomes sont des tumeurs provenant des cellules de soutien du cerveau qui atteignent environ chaque année 6 personnes sur 100.000. Bien que les résultats des études portant sur le risque de gliome de soient pas significatifs, il existerait une tendance générale à une augmentation du risque chez les gros utilisateurs de portables qui téléphonent souvent et longtemps (6).

Affections des gènes et de l’ADN

Les expositions aux champs électromagnétiques même en dessous des normes pourraient provoquer des effets localisés sur les gènes et l’ADN de cellules épithéliales (7).

(1) Hours M, Bernard M, Montestrucq L, Arslan M, Bergeret A, Deltour I, Cardis E., Cell Phones and Risk of brain and acoustic nerve tumours: the French INTERPHONE case-control study, Rev Epidemiol Sante Publique. 2007 Oct;55(5):321-32

(2)Lönn S, Ahlbom A, Christensen HC, Johansen C, Schüz J, Edström S, Henriksson G, Lundgren J, Wennerberg J, Feychting M, Mobile phone use and risk of parotid gland tumor.; Am J Epidemiol. 2006 Oct 1;164(7):637-43.

(3)Hardell L, Hallquist A, Hansson Mild K, Carlberg M, Gertzén H, Schildt EB, Dahlqvist A.No association between the use of cellular or cordless telephones and salivary gland tumours., Occup Environ Med. 2004 Aug;61(8):675-9.

(4) Sadetzki S, Chetrit A, Jarus-Hakak A, Cardis E, Deutch Y, Duvdevani S, Zultan A, Novikov I, Freedman L, Wolf M., Cellular phone use and risk of benign and malignant parotid gland tumors–a nationwide case-control study., Am J Epidemiol. 2008 Feb 15;167(4):457-67

(5) Schoemaker MJ, Swerdlow AJ, Ahlbom A, Auvinen A, Blaasaas KG, Cardis E, Christensen HC, Feychting M, Hepworth SJ, Johansen C, Klaeboe L, Lönn S, McKinney PA, Muir K, Raitanen J, Salminen T, Thomsen J, Tynes T., Mobile phone use and risk of acoustic neuroma: results of the Interphone case-control study in five North European countries., Br J Cancer. 2005 Oct 3;93(7):842-8

(6) Hardell L, Carlberg M, Söderqvist F, Mild KH, Morgan LL., Long-term use of cellular phones and brain tumours: increased risk associated with use for > or =10 years, Occup Environ Med. 2007 Sep;64(9):626-32. Epub 2007 Apr 4.

(7) Wu W, Yao K, Wang KJ, Lu DQ, He JL, Xu LH, Sun WJ., Blocking 1800 MHz mobile phone radiation-induced reactive oxygen species production and DNA damage in lens epithelial cells by noise magnetic fields, Zhejiang Da Xue Xue Bao Yi Xue Ban. 2008 Jan;37(1):34-8