Archive for Gaz de schiste

Sous les pavés, la plage. et Sous la plage, le gaz. Beaucoup de gaz

// juin 29th, 2011 // No Comments » // Gaz de schiste


Les compagnies pétrolières avancent des chiffres étonnants : nous serions assis sur unecinquantaine d’années de consommation nationale. Mais ce gaz de schiste est très difficile à extraire. Contrairement au gaz « conventionnel », il ne suffit pas de forer etd’attendre en gazouillant que l’hydrocarbure gicle à la surface.

En fait, le gaz de schiste est emprisonné dans la roche. Pour l’en libérer, il faut creuserun dense réseau de petits forages puis y balancer des milliers de tonnes d’eau à hautepression permettant d’exploser la pierre et d’en extraire la substance (entre 100 et 200millions de litres d’eau par puits). Petit détail : pour que l’opération fonctionne, il fautauparavant incorporer à la mixture quelques composants fort peu recommandables,toxiques, voire cancérigènes : benzène, formaldéhyde, toluène, xylène, naphtalène… etbien d’autres, que les compagnies ont une fâcheuse tendance à vouloir cacher. Un jeu degrands enfants… naïfs et inconscients.


eau et gaz à tous les étages (même au sous-sol)…

Au Canada, on vient de s’apercevoir que 11 des 31 puits en activités présentaient desfuites. C’est à dire que du gaz de schiste s’échappe hors des tuyaux, largué dans l’atmosphère ou dans les sols. Dans les nappes phréatiques, aussi. Aux États-Unis, endeux et demi, 1435 infractions à la loi ont été relevées en Pennsylvanie par la Pennsylvania Land Trust Association, une association de surveillance environnementale.Et autant d’infractions et d’avertissements relatifs à la gestion des déchets toxiques.Curieusement, les exploitants en décomptent beaucoup moins… Pour une bonne raison :pour détecter des fuites, les détecteurs de méthane ne sont pas obligatoires, c’est »l’inspection visuelle » qui fait foi. Et une fuite dont le débit est estimée à moins de 300m3 / jour… n’est pas considérée comme une fuite. Pourquoi faire compliqué… ?

Catastrophes écologiques

Résultat : les sols concernés s’érodent à grande vitesse et les sédiments polluésenvahissent cours d’eau et nappes phréatiques. Environ 20% des fluides injectésremontent à la surface. Souvent mal gérés, une partie se retrouve dans l’environnementproche des zones de forage. Sans parler des 80% qui restent en profondeur et quiresurgiront bien un jour ou l’autre, mais c’est un détail. Autre souci : ces fuites de gaz,qui rendent parfois l’eau du robinet… inflammable, comme l’a montré le documentaire Gasland. Que du bonheur…


de l’eau dans le gaz…

Selon Corinne Lepage, c’est jusqu’à 5% du territoire français qui pourrait prochainementfaire l’objet de recherches en gaz de schiste. Pourtant, ces récentes décisions ne sontguère médiatisées. Considérant que les sous-sols concernés sont bien trop étendus,aucune information préalable des responsables locaux n’est nécessaire (hormis lespréfets). Et, depuis trois mois, des élus découvrent régulièrement, par hasard, que desexplorations sont en cours juste sous leurs pieds. Mais, devant la montée des critiques, le10 février dernier, la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciucko-Morizet a froncé lessourcils ; elle a sommé les industriels engagés dans l’exploration de gaz de schiste de »prouver » qu’ils peuvent forer « autrement qu’à l’américaine ». Total et consorts (dont lefrangin Balkany, grand ami de notre président) doivent en être tout retournés…

« Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceuxqui regardent et laissent faire” — Albert Einstein

 

source : sois.fr