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Lorsqu’on supprime peu à peu nos libertés

// octobre 10th, 2010 // No Comments » // une criminalisation de la population

criminalisation de la misère:

La LSQ ( loi sur la sécurité quotidienne du 16 novembre 2001) et la LSI ( loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003) ont une parenté manifeste dans leur forme et dans leur contenu, notamment en ce qui concerne le traitement de la pauvreté. La liste des articles de lois incriminant les plus démunis est tellement fournie qu’on peut se demander si l’un des principaux objectifs contenus dans les lois sécuritaires n’est pas de mettre au ban de la société les populations situées au plus bas de l’échelle sociale, celles dont la misère se voit.

Ces lois condamnent également les personnes considérées comme marginales par la société. Le fait d’avoir par exemple une vie de nomade a toujours suscité la méfiance d’une partie de la population, cette méfiance reposant en partie sur des préjugés. En durcissant la loi à l’encontre des population nomades, l’Etat accorde une reconnaissance à des préjugés dangereux (diviser pour mieux régner ) et condamne des choix de vie. Il devient de plus en plus difficile de s’écarter des codes de “bonne conduite”, que ce soit par son mode de vie ou tout simplement par sa tenue vestimentaire, sans apparaitre comme un danger pour la société. Le délit de racolage précise en effet que l’attitude et la tenue vestimentaire peuvent représenter un motif d’inculpation. De la même façon, une personne, par sa couleur de peau, qu’elle ait la nationalité française ou pas, peut être soupçonnée de terrorisme, d’intégrisme ou d’acte délictueux. C’est sur ce type d’amalgames qui était jusqu’à présent l’apanage du discours lepéniste que reposent en grande partie les lois sécuritaires.

Les infractions légères, celles qui n’occasionnent aucun dégât matériel ou pour lesquelles il n’y a pas de victimes, qu’il s’agisse d’”incivilités”, de racolage passif ou de fraude dans les transports en commun, sont présentées et traitées comme des infractions graves, au même titre que les agressions ou les homicides. Or, les mesures répressives issues des lois sécuritaires visent essentiellement ce type de délits. Les atteintes à lois sécurité quotidiennel’environnement, au droit du travail, les détournements de fonds publics à des fins personnelles, les violences policières ne sont pas pris en compte par ces textes de loi. Ce qu’on appelait encore il n’y a pas si longtemps la “petite délinquance” est devenue la pire des violences.

Enfin, du fait de la création de nouveaux délits et pour répondre aux exigences de résultats chiffrés que leur demande le ministère de l’intérieur, les commissariats augementent le nombre d’interpellations et de gardes à vue. Ces dernières touchent en priorité les populations précaires. En danger parce que sans abris, sans-papiers ou sans travail, elles sont devenues au regard de la loi hautement dangereuses.

C’est donc bien parce que la LSQ et la LSI ciblent une certaine partie de la population pour en faire l’ennemi public numéro un qu’elles sont discriminatoires.

source : “ordre sécuritaire et inégalité sociales.” édition l’esprit frappeur, Par Le Veilleur.